Ovni, les mécanismes d'une désinformation

Pierre Guérin, Albin Michel, 2000


Venant après le rapport Sturrock, publié aux É-U en 1998: Les ovnis et la science, puis après le rapport COMETA, en 1999, destiné au Président de la République et au Premier Ministre: Les ovnis et la défense (rapport établi par d'anciens auditeurs de l'IHEDN, Institut des hautes études de la défense nationale, général de l'air, amiral, ingénieurs de l'armement, polytechniciens, publié par VSD), ce livre est le troisième coup de semonce en trois ans. Comme il est difficile d'accuser ces scientifiques de crédulité, d'affabulation ou de maladie mentale, sera-t-il étouffé par le silence médiatique, comme les deux premiers ? C'est probable, il sera, comme les autres, réduit à une cohabitation forcée et scandaleuse avec le paranormal dans le rayon ésotérisme des librairies, qui le rend invisible aux esprits rationalistes qui ne fréquentent pas ce rayon. Il ne sera acheté que par des esprits avides d'extraordinaire et par les ovniophiles et les ovniophobes qui savent où le trouver.

Je demande aux sceptiques de bonne foi, par mimétisme, abusés par les sceptiques en service commandé, de lire ne serait-ce que les huit pages de conclusion. Tous comprendront que le phénomène ovnien existe et qu'il n'est pas seulement psychique ; et ils apprendront que c'est le phénomène de tous les temps potentiellement le plus dangereux pour l'humanité.

Pierre Guérin est un astrophysicien reconnu par ses pairs, qu'ils partagent ou non sa conviction ; sa connaissance des ovnis est attestée par 46 ans de travaux de recherche, d'enquête, d'analyse des éléments objectifs collectés, en particulier de photographies. Il a étudié, entre autres, une séquence de quatre photos successives d'un disque au-dessus du lac Chauvet le 18 juillet 1952, dont l'analyse des paramètres géométriques de l’objet et de sa trajectoire, traduite par les quatre instantanés solidaires, la présence d'éléments du paysage, la valeur de l'appareil et du cliché, la présence d'une bande sombre axiale inférieure et d'une réflexion solaire sur la face supérieure, lui ont permis de construire un modèle mathématique, en accord avec les mesures et permettant de reconstituer la trajectoire.

Ces quatre photos détiennent, dit-il, en elles-mêmes la preuve de leur authenticité. Cette étude est ancienne et a déjà été publiée. Personne à ma connaissance n'a démoli le modèle de Guérin. Les déboulonneurs d'ovnis font un travail de Pénélope, il leur faut persuader à chaque observation qu'il s'agit de confusion, d'hallucination, d’affabulation, canular ou imposture. Alors qu'une seule observation probante, comme celle du lac Chauvet, - et il y en a d'autres, -suffirait dans tout autre domaine à prouver l'existence physique d'un phénomène nouveau et, à tout le moins, à ouvrir le dossier. Ce qui n'est pas le cas après 50 ans d'observations quasi quotidiennes.

Chaque observation est évoquée au coup par coup, comme s'il ne s'agissait pas d'un phénomène général et chronique. Chaque performance extraordinaire est niée d'emblée en fonction des limites de notre science et de notre anthropomorphisme. Or toute science d'une civilisation plus vieille que la nôtre, ne peut qu’apparaître magique. Tout psychisme modelé par une évolution multimillénaire au delà de l'humain ne peut que nous être incompréhensible, sauf ce qu’il aurait en commun avec nous.

Pour Guérin, les raisons et les objectifs de la désinformation et de son efficacité sont de trois ordres. Une grande nation, visitée en premier à la suite de son entrée dans l'ère atomique, a espéré, et espère peut-être encore, découvrir et exploiter seule les performances de ces disques, s'assurant ainsi une hégémonie écrasante et définitive sur les autres. Pour cela, elle y a imposé un niveau de secret supérieur aux choses atomiques et de la guerre froide, menaçant par exemple toute divulgation d'une information ovnique par un membre de ses forces armées de dix ans de prison et 10.000 dollars d'amende. Les autres nations ont emboîté le pas avec la crainte ou l'alibi d'une panique que l'on ne voit toujours pas venir. Ainsi chez nous les procès-verbaux d'observations d'ovnis établis par la gendarmerie sont frappés d'une interdiction de consultation pendant 60 ans !

Mais le blocage hargneux des scientifiques et l'indifférence amusée de la masse des contemporains depuis 50 ans a une autre origine : la peur, la panique intellectuelle devant l'éventualité d'une confrontation avec des êtres, non seulement munis d'une supertechnologie à des années lumière de la nôtre, d'une superscience transcendant la nôtre, mais aussi d'un psychisme supérieur leur permettant de manipuler l'espace - temps et la matière, et vraisemblablement le domaine dit du paranormal. Il nous faudrait abandonner notre science, notre conception du monde et de l'homme et surtout l'hégémonie de l'espèce humaine sur tout ce qui vit. Devant la mort, l'inconnu, un danger incontournable, les deux mécanismes de défense du cerveau humain sont la négation et le rire. Élaborés par le cerveau limbique, ils sont très capables de faire taire le cerveau cortical.

D'où les arguments anthropomorphes des sceptiques : distance des étoiles immense, supervitesse sans bang, absence d'inertie, lévitation silencieuse et sans réaction, disparition sur place. D’où l’argument : C’est impossible donc faux. Autres arguments : il y en a trop, pourquoi mettre tant de temps pour nous observer, s'ils étaient là ils débarqueraient. Pourquoi débarquer s’ils n’en ont pas besoin pour faire cuisine. Ils ont peut-être déjà des bases lunaires, astéroïdes, océaniques. D'autres ne font que passer. La phase d’observation est probablement terminée et ils en sont à la phase exploitation de la planète, de sa flore, de sa faune, de l'homme. Tout cela sans que nous en percevions plus que nos veaux élevés pour l'abattoir et sans pouvoir deviner ce qu'ils font derrière ce festival d'absurdités et de leurres.

Il y a des manifestations objectives dont on ne veut pas plus s'occuper que des témoignages : fragments à taux d'isotopes exotique, implants, récits d'enlèvements frappés d'amnésie et retour sous hypnose d'un scénario spécifique, dissections de bétail aux États-Unis, agropictogrammes.

Si ce troisième coup de semonce ne suffit pas à réveiller l'opinion, on sera tenté d’admettre la dernière hypothèse de Guérin, qui paraîtra délirante au rationaliste sceptique : nous sommes déjà sous contrôle du phénomène. Cela est très vraisemblable au vu de ce que rapportent nombre de témoins qui disent avoir été paralysés par le phénomène pendant leur observation. Mais ils ne sont pas tombés, ils sont restés debout, donc ils ont conservé leur tonus musculaire, les mouvements automatiques et les réflexes nécessaires au maintien de la posture, ils ont conservé les mouvements oculaires. Seuls les mouvements volontaires sont supprimés, ils reviennent progressivement un quart d'heure après la disparition du phénomène. Il s'agit d'une neutralisation élective du cortex moteur volontaire sans toucher aux autres zones du cerveau. Qui peut faire cela doit pouvoir manipuler le jugement.

Jacques Costagliola


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