Ovnis, 1/2 siècle de recherches

Jacques Dumont, éditions Rebis, Québec, 2001


L'auteur commence par l'exposé de quatre observations en béton, dont chacune d'elles suffirait à faire ouvrir le dossier scientifique du fait nouveau à explorer. On se demande pourquoi multiplier les descriptions d'observations par milliers, au lieu de s'en tenir aux plus explicites, une dizaine suffit. Contrairement à l'opinion, la multiplication affaiblit l'argumentation en laissant croire que la quantité est censé suppléer à la faiblesse qualitative des plus importantes. Après des siècles de chutes de météorites niées par le slogan scandé par les plus grands, Laplace, Lavoisier, il n'y a pas de pierres dans le ciel, le seul météorite d'Orgueil, ayant eu la chance d'être aussitôt étudié par Biot, a fait ouvrir et résoudre le dossier scientifique. Les scientifiques qui nient a priori le phénomène ovnien sont du même bois que ceux qui refusaient de regarder dans la lunette de Galilée. Il s'agit des affaires Trumbull, Ohio, 14.12.1966, Vol Air-France 3532, 28.01.1966, Vol Japon-AL 1628, et moins connue Ste Marie de Monnoir, Montréal, 20.11.1989.

Puis, il traite des "brèches" récemment ouvertes par les rapports Sturrock, Cometa et Révélation (Disclosure) faites par des scientifiques, dans lesquelles l'auteur met beaucoup d'espoir. Mais les brèches faites en leur temps par des scientifiques (Hynek, MacDonald) et des techniciens (Ruppelt, Keyhoe, Greslé) se sont vite refermées. Le fait nouveau, qu'il s'agisse d'actions collectives et non plus de réactions individuelles, ne semble pas changer grand'chose. Le mur est du même type que celui des retraites ou de la pollution. On attendra d'être le nez dedans pour réagir sérieusement. Il est même plus solide, car les problèmes pollutions et retraites sont perçus et seule manque la volonté de traiter parce qu'ouvrir un abcès au scalpel fait mal. Attendons qu'il s'ouvre, tant pis pour la septicémie. Avec l'ovni, on ne fait pas que reculer l'intervention, on n'en voit pas la nécessité, on fait même semblant de ne pas voir l'abcès. On refuse de regarder dans la lunette. Il est interdit aux chercheurs de chercher ailleurs qu'autour du lampadaire.

Le troisième chapitre traite des "preuves" par la photo et la vidéo qui vont de 1950 Mac-Minville à Puebla 1991, en passant par Salem, Lac Chauvet, Fort Mac Cléod, Santa Anna, Deutschlandsberg, Île de Vancouver. Elles ne l'étaient pas avant qu'on puisse falsifier les photos, elles le sont encore moins depuis.

Autres preuves (Ch. 4) les interférences électromagnétiques avec les véhicules, les équipements électriques et électroniques, les traces et les dégâts au sol et à la végétation, les perceptions visuelles, auditives, thermiques des témoins et les symptômes physiopathologiques à eux infligés par ce phénomène, inexistant dit-on. Trois observations sont rapportées en détail : Baie Comeau, Québec, 26.02.1974, Syracuse (New-York) 12.03.1977, Cash-Landrum, Texas, 29.12.1980. Un problème peu soulevé : les équipages d'ovnis ne semblent pas avoir à se protéger de leurs propres sources thermiques et irradiantes.

Alors que le phénomène est nié par la science, des scientifiques se préoccupent d'en reproduire les effets et même y parviennent : James Mac Campbell pour la luminosité, le changement de couleurs avec les vitesses, les interférences électromagnétiques (5) ; Paul Hill avec les effets cinétiques, énergétiques, inertiels (6) ; Jean-Pierre Petit avec la magnétohydrodynamique (7) ; la propulsion électromagnétique pulsée d'Auguste Meessen (8). De façon plus discrète, les armées s'y intéressent aussi (9), c'est même la principale cause du couvercle de secret, de désinformation et de ridicule, et non la peur de la panique, appliqué sur les observations depuis 50 ans. Les derniers chapitres évoquent les aspects les plus déroutants et dont il faut bien tenir compte aussi : les ovnis du passé (10), les interférences avec le paranormal (11) et les apparitions mariales Fatima, Medjugorje… (12) longtemps aseptisées par les soucoupistes eux-mêmes, pensant que trop c'est trop et prévoyant un surplus de sarcasmes scientifiques. Mais au point où l'on en est !

Ce livre est intéressant par les tableaux synthétiques des effets et constantes du phénomène, la précision des observations dont de nombreuses canadiennes peu connues ailleurs, le grand nombre de sites d'internet spécifiquement appliqués à une seule observation, les larges implications scientifiques suscitées par l'élucidation des manœuvres aériennes rapportées par les témoins et enregistrées par nos capteurs. Le problème ovnien est polymorphe et donc à vocation pluridisciplinaire. On ne peut être exhaustif. L'auteur traite les principaux aspects et plus à fond les problèmes posés par les interférences physiques avec notre planète et ses habitants et les performances aéronautiques de ces engins. Il a eu la sagesse d'écarter ceux qui méritent chacun au moins un livre : les agropictogrammes, les dissections animales, les enlèvements d'humains.

Faut-il que les scientifiques soient sclérosés, paniqués, désespérés, ou ligotés, pour passer, indifférents ou sarcastiques, depuis 50 ans, à côté du plus grand problème posé à l'homme par son environnement, depuis qu'il a réglé successivement le péril fauve, le péril famine, le péril intempéries, il lui restait les problèmes imposés par lui : meurtres, guerres, pollutions… Pourra-t-il faire l'union sacrée devant un problème absolument nouveau, l'affrontement avec une autre humanité, une autre intelligence, une autre science, une autre inhumanité peut-être ?

Jacques Costagliola


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