OVNI, enquête sur des faits

Hugo Nhart, Éditions Carnot, 1999

 


Encore un ufologue, journaliste de surcroît, qui a étudié le phénomène, disséqué des témoignages et a été persuadé qu’il y a autre chose que du vent, comme on réussit à le faire croire à ceux qui n’ont pas plongé dans le phénomène. Écrire sur le phénomène ovnien en le prenant au sérieux, c’est prendre le risque d’être l'objet de sarcasmes, de marginalisation, voire d’exclusion. Nhart annonce qu’il présente des faits. Les sceptiques, par ignorance ou par sectarisme, répondent que ces faits sont rapportés par des témoins. Qu'on connaît le peu de valeur des témoignages.

Qu’est-ce qu’une preuve ? Il se trouve que jamais, dans aucun autre domaine, on ne demande autant de preuves impossibles à réunir que dans le domaine ovnien. Une preuve peut-elle être irréfutable ? Non dit Popper, au contraire, il faut qu’elle soit réfutable et si l’on n’y parvient pas, la théorie ou la preuve doit être acceptée sous bénéfice d’inventaire ultérieur.

Dans le domaine ovnien, les réfutations sont des incantations. Ce que le témoin rapporte serait illusion, fantasme, rêve, confusion, erreur, et s'il y a un objet, c'est Vénus ou la Lune, un phare ou un feu follet, un ballon sonde ou une capsule de bouteille de bière. Le répertoire est infini, il n'y a qu'à puiser. C'est bien le diable si un de ses objets ne traînait pas dans le coin. Cela leur suffit pour réfuter l’observation sans plus l’analyser.

Les lésions du témoin sont psychosomatiques, les photos prises sont truquées, les ronds dans l’herbe sont dus à des tourbillons de vent, les pistes de radar sont des fantômes dus à des différentielles de température, les dissections de bovins sont le fait de prédateurs ou des sectes, etc.

Nhart commence par une photocopie du carnet de Truman qui, en date du 30 octobre 1947, se pose la question des implications militaires d’une attaque par satellite. Dix ans avant le premier satellite artificiel. Nhart conclut à un satellite extraterrestre en orbite terrestre. Peut-être, mais peut-être aussi qu’il pensait à un état satellite de l’URSS. Plus pertinentes, mais la plupart bien connues des ovniologues, sont : - les témoignages de cosmonautes Mac Divitt et Borman, experts en observations aéronautiques et crédibles, - la mort suspecte de l’amiral Forrestal, défenestré de sa chambre d'hôpital après une observation personnelle, - 47 survols de bases aériennes, de sites de missiles balistiques, d'arsenaux, QG ou PC, tous anglosaxons, sauf deux.

Les rapports comprennent des observations d’hominoïdes aliènes faciles à ridiculiser par les sceptiques. Y aurait-il des degrés dans l’incroyable ? Peu incroyable, très incroyable ?

L'auteur étudie le phénomène énorme de la vague belge et, la tentative d’interception par deux F-16 avec bref verrouillage radar de cibles volant à des vitesses surconventionnelles. Enfin il rapporte deux cas suspects d’avions abattus et de pilotes tués par des ovnis : Mantell, 7 janvier 1948 et Honchou, 25 août 1998, qui méritent plus que le silence et l’incantation rassurante.

Suivent 4 observations de lumières nocturnes, de triangles et de disques diurnes, dont les inévitables récits d’enlèvement à des fins d’examen présumé médicochirurgical. Puis deux cas de dissections de bétail et la présentation d'un fragment métallique exotique.

Toujours l’étude au cas par cas. Toujours la multiplication des observations ad nauseam, Alors qu’une seule bien documentée suffirait. Pourquoi acceptons-nous de passer sous les fourches caudines des désinformateurs. Quand apparaît une nouvelle maladie, on ne se contente pas d’étudier chaque cas en soi en cherchant à tout prix à la rattacher à une maladie connue. On compare, on analyse, on cherche les analogies, on mesure, on statistique.

Jacques Costagliola


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