Retour sur  " l’anomalie belge "

Bernard Méheust, Livre Bleu, Marseille, 2000

 


Ce livre fait date. L’auteur, psychosociologue, a longtemps pensé que les observations d’ovnis - qui perdurent depuis 50 ans par vagues aiguës sur fond chronique - étaient TOUTES explicables par des confusions, fabulations, hallucinations, canulars ou impostures, à la limite par un phénomène naturel encore inconnu. Or, revenant sur la vague d’ovnis belge de 1990, la plus grande de tous les temps, il conclut qu’aucune de ces hypothèses ne peut rendre compte de la plupart des cas, et que ces faits – tout bien pesé et jusqu’à preuve du contraire – restent inexpliqués. Méheust, ex-adepte de l’hypothèse psychosociale, se range donc maintenant parmi les agnostiques, entre les ovnistes (tôles et boulons) et les sceptiques (artéfact). Il avait auparavant découvert ce qu’il appelle la coïncidence entre la science-fiction des années 30 et les ovnis, ce qui l’empêche de se rallier à l’ovniologie classique et à l’hypothèse extraterrestre.

L’auteur s’étonne que les soucoupistes psychosociaux se désintéressent de la vague belge et de son interprétation physique par la SOBEPS, dont il serait le seul à s'occuper. On peut répondre que le travail a été fait et qu’il est permis de tenter de démolir une à une les 2.000 pages des rapports belges. L’auteur renonce aux interprétations rassurantes mais refuse l’action d’une intelligence extrahumaine, il ne lui reste que le phénomène naturel inconnu qu’il nomme phéninco. Phéninco que personne ne recherche malgré la perspective d'un nobel certain à la clef. C’est la preuve que personne n’y croit. La réduction au phéninco ou au phénomène psychosocial, c’est nier l'ovni a priori, c’est ne vouloir chercher qu’autour du lampadaire.

Les seules études universitaires du phénomène se cantonnent à l’interprétation psychosociale : la rumeur, le mythe, le fantasme. La vague belge, plus homogène que les autres, par sa durée, son intensité et le nombre énorme d’observations, est représentative du phénomène. L'on préfère attribuer le phénomène à une faiblesse cérébrale de la moitié de l'humanité qu'à une agression aliène, réservée aux films S-F.

Si l’on relativise les hypothèses psychosociales, si l'on écarte les hypothèses irréalistes : l’engin terrestre d’avant-garde et le phéninco, on tombe sur l'hypothèse surréaliste de l’ovni extraterrestre. Il n’est pas scientifique de la rejeter parce qu’elle obligerait à réviser notre conception du monde et la science terrestre et qu’elle débouche sur l’hypothèse imbuvable et paniquante d’une intrusion extraterrestre occulte. Pis encore, il pourrait s’agir d'êtres doués d'une technologie supérieure, d'une science différente, voire d'un psychisme supérieur. Les pierres tombées du ciel et les fossiles étaient présumés fantastiques avant Biot et Boucher de Perthes. On attend le Biot des ovnis tombés du ciel.

Pour Méheust, la vague belge serait anormale à deux titres : - 1. elle a vu, pour la première fois, la collaboration d’une association soucoupiste et d’organismes officiels ; cette mesure de bon sens, est vue comme une anomalie, c’est dire la sottise avec laquelle est traité le phénomène par la société ; - 2. elle manquerait d’étrangeté par rapport à l’activité ovnienne de fond. Cette remarque est paradoxale venant du clan sceptique qui refuse toute réalité à l’étrangeté du phénomène qu’ils disent imaginaire. Qu’est-ce qu’une différence réelle entre deux irréalités ? ! Il dit aussi qu’entre les explications tôles et boulons et les hypothèses psychosociales, il préfère malgré tout ces dernières. Comment peut-il les préférer en général, tout en les refusant en particulier dans la plus grande vague d’ovnis du siècle ?

Résumons les hypothèses :

- 1. Les hypothèses psychosociales :

a. le canular et l’imposture - sceptiques et ovnistes s’entendent à les dire rarissimes ;

b. la mésinterprétation d’un objet banal naturel ou de main d'homme ;

c. l’affabulation ou perception sans objet, par illusion et fantasme,

c’. l’affabulation sur objet ou élaboration soucoupisante, amplifiée par l’autosuggestion et la pression culturelle, ou encore imprégnation mythique du récit ;

d. l’hallucination pathologique.

- 2. Le phénomène naturel inconnu. Incantation. Non recherché par ceux qui l’invoquent.

- 3. L’hypothèse extraterrestre, niée par une science qui n’a aucun modèle et en déduit qu'il n'y a rien à faire.

- 4. L’hypothèse paranormale, encore moins envisageable par la science.

Dans la vague belge, l’hypothèse 2.b la confusion avec un objet naturel ou technique, - vues la taille des structures décrites par les témoins et la puissance énergétique calculable des feux et de l’éclairage au sol, - ne peut que se limiter au prototype furtif secret américain et aux phares d’avions ou d’aéronefs télécommandés. Méheust conclut que le F-117 et les autres candidats, ULM, avions publicitaires, zeppelins ou drones, pour des raisons techniques, logistiques, diplomatiques et géographiques, pourraient au maximum relever d’une dizaine de cas. Or il y a plus de 1.500 témoins. Aucun support connu ne peut répondre de structures grandes comme des porte-avions, stationnaires ou défilant à 10 kmh au ras des toits, insensibles à des vents de 130 kmh, ni de sources lumineuses éclairant a giorno la campagne, ni des accélérations foudroyantes.

Un universitaire se doit d’être un ovniosceptique, sinon il n’est plus reconnu par ses pairs et est brocardé ; la seule voie autorisée par le terrorisme intellectuel scientiste est l’explication psychosociale, qui postule que le phénomène se passe dans le cerveau faible, excité ou dérangé des témoins. On peut explorer les seules voies de la distorsion perceptive, de la confusion sensorielle et cognitive, de l’affabulation mythique, avec ou sans stimulus physique, et de l’hallucination psychique, le tout orienté et manipulé par la rumeur, le mythe et la poussée culturelle.

Une hypothèse psychosociale, unique ou pluraliste, ne peut être évoquée dans ces observations proches, de longue durée, à témoins multiples indépendants, décrivant peu ou prou la même chose. D’ailleurs ces hypothèses ne devraient pas être discutées au niveau de la vague mais à celui de chaque observation. Sinon on est dans le flou. Les hypothèses globales sont des hypothèses valises, et quand on parle de phénomène inconnu ou d’hypothèse pluraliste, ce sont des valises vides.

Les arguments de Méheust en faveur de l’hypothèse psychosociale, qu’il juge lui-même peu probants, sont la couverture stricte de la Belgique francophone et germanophone, la proximité de la SOBEPS et de ses enquêteurs bénévoles, la couverture médiatique immédiate et surtout le fameux manque d’étrangeté de la vague : pas d’atterrissages, pas de " paralysies " ni de coups de soleil des témoins, pas d’arrêts de moteur, pas de contactés, pas d’aliènes, pas de rapts, et absence de la coïncidence des formes et des performances avec la science fiction des années 30 et la technologie de pointe d’aujourd’hui..

En fait, il y a des cas extrafrontaliers, ce n’est pas la première vague limitée à un pays et il y a d'autres associations actives. La presse a médiatisé mais, à son habitude, a ridiculisé, banalisé ou minimisé le sujet. Reste l'absence d’étrangeté. Jusqu'ici l’étrangeté était un argument contre la réalité du phénomène, ici ce serait le manque d’étrangeté ! En réalité les tendances habituelles des ovnis sont observées : mélange d’ostentation et de discrétion - qui n’est probablement que l’indifférence du phénomène à l’égard de témoins impuissants, - le silence, l’éclairage fortuit de l’objet par la Lune ou les lampadaires.

Il est vrai qu’il n’y a pas de précédent à cette vague, unique par le nombre des observations bien documentées, le gigantisme des structures, la concentration des cas dans l’espace et le temps. Contre l’hypothèse psychosociale, il y aurait encore l’absence d’intrigue et de contexte affectif, les limites strictes du phénomène dans le temps, l’aspect d’objet solide et non d’image mentale. Même Méheust conclut que c’est aux tenants de ces hypothèses d’apporter leurs preuves dans chaque cas.

La coïncidence avec la science-fiction ne me paraît pas aussi extraordinaire qu’il le dit. Il semble que les témoins d'ovnis voient quelque chose de nouveau sans rapport avec leur vécu. On ne connaît pas quelque chose, on ne peut que le reconnaître. Dès lors devant un spectacle nouveau, on ne saisit que des couleurs et des formes basiques (rond, carré, triangle), tout le reste est interprétation, invention. Le cerveau ne trouvant aucun souvenir à substituer à la sensation, cherche dans l’inconscient, dans la culture, lectures, films, imaginaire ; la science fiction en fait partie et de plus est en plein dans le sujet. Il est normal que le témoin puise dans ce fond.

Cela ne signifie pas que les ovnis ont cet aspect. Même dans l’hypothèse tôles et boulons, la réalité est certainement toute autre. Dans du suprahumain nous ne pourrons jamais voir que ce qui est humain et nous interpréterons le reste faussement en puisant dans tous les fonds de tiroirs. Ainsi ce n’est pas la science fiction qui a anticipé les formes ovniennes, mais les perceptions des témoins qui cherchent des modèles d’ovnis de science-fiction à plaquer sur leurs observations. On voit ce qu’on veut voir. Comme les vaisseaux volants à la Jules Verne de la vague de 1896.

Quant aux notions problématiques d’hystérie de masse et d’hallucination collective, elles ne se prêtent à aucune observation de la vague belge. On a une observation américaine de survol à basse altitude d’un stade pendant un match, et un film montrant la population de Mexico dans les rues observant un ballet d’ovnis, relayé par la télévision en direct, avec plusieurs vidéo, sans panique ni hystérie collective. Comme dit Méheust, les raisonnements psychosociaux des sceptiques sont une boite noire entre les entrées des témoignages et les sorties des interprétations sceptiques. D’ailleurs le concept d’hystérie collective n’est pas retenu par les psychiatres

Pour ce qui est du paranormal, il semble certain qu’il a des rapports avec le phénomène ovnien, et c’est pour ne pas en augmenter encore le fantastique et se rendre crédibles auprès des scientifiques que les enquêteurs gomment cet aspect. Le paranormal pour nous pourrait être du normal pour d’autres. Ou bien le paranormal pourrait être une forme de camouflage, des leurres.

Enfin, il est ridicule d’invoquer des impossibilités théoriques qui n’en sont que pour notre science. Qui prétendrait qu’elle est indépassable ? Il faut cesser de limiter les tenants de l’hypothèse extraterrestre à des naïfs attendant de Grands Frères venus sauver l’humanité. Il semble s’agir plutôt d’une colonisation imperceptible, indifférente, implacable, sournoise et ouverte au devenir le plus noir. Je suis par raisonnement favorable à cette hypothèse pessimiste mais je serais heureux qu’on trouve ce phéninco toujours invoqué jamais recherché. Les incantations et la recherche éperdue de la tranquillité n’ont jamais évité d’aller dans le mur.

JC

NOTE DE LECTURE

Pierre Guérin, Ovni, les mécanismes d'une désinformation, Albin Michel, 2000

Venant après le rapport Sturrock aux É-U en 1998, Les ovnis et la science, après le rapport Les ovnis et la défense au Président de la République et au Premier Ministre en 1999 (établi par d'anciens auditeurs de l'IHEDN, Institut des hautes études de la défense nationale, général de l'air, amiral, ingénieurs de l'armement, polytechniciens, publié par VSD), ce livre est le troisième coup de semonce en trois ans. Comme il est difficile d'accuser ces scientifiques de crédulité, d'affabulation ou de maladie mentale, sera-t-il étouffé par le silence médiatique, comme les deux premiers ? C'est probable, il sera, comme les autres, réduit à une cohabitation forcée et scandaleuse avec le paranormal dans le rayon ésotérisme des librairies, qui le rend invisible aux esprits rationalistes qui ne fréquentent pas ce rayon. Il ne sera acheté que par des esprits avides d'extraordinaire et par les ovniophiles et les ovniophobes qui savent où le trouver.

Je demande aux sceptiques de bonne foi, par mimétisme, abusés par les sceptiques en service commandé, de lire ne serait-ce que les huit pages de conclusion. Tous comprendront que le phénomène ovnien existe et qu'il n'est pas seulement psychique ; et ils apprendront que c'est le phénomène de tous les temps potentiellement le plus dangereux pour l'humanité.

Pierre Guérin est un astrophysicien reconnu par ses pairs, qu'ils partagent ou non sa conviction ; sa connaissance des ovnis est attestée par 46 ans de travaux de recherche, d'enquête, d'analyse des éléments objectifs collectés, en particulier de photographies. Il a étudié, entre autres, une séquence de quatre photos successives d'un disque au-dessus du lac Chauvet le 18 juillet 1952, dont l'analyse des paramètres géométriques de l’objet et de sa trajectoire, traduite par les quatre instantanés solidaires, la présence d'éléments du paysage, la valeur de l'appareil et du cliché, la présence d'une bande sombre axiale inférieure et d'une réflexion solaire sur la face supérieure, lui ont permis de construire un modèle mathématique, en accord avec les mesures et permettant de reconstituer la trajectoire.

Ces quatre photos détiennent, dit-il, en elles-mêmes la preuve de leur authenticité. Cette étude est ancienne et a déjà été publiée. Personne à ma connaissance n'a démoli le modèle de Guérin. Les déboulonneurs d'ovnis font un travail de Pénélope, il leur faut persuader à chaque observation qu'il s'agit de confusion, d'hallucination, d’affabulation, canular ou imposture. Alors qu'une seule observation probante, comme celle du lac Chauvet, - et il y en a d'autres, -suffirait dans tout autre domaine à prouver l'existence physique d'un phénomène nouveau et, à tout le moins, à ouvrir le dossier. Ce qui n'est pas le cas après 50 ans d'observations quasi quotidiennes.

Chaque observation est évoquée au coup par coup, comme s'il ne s'agissait pas d'un phénomène général et chronique. Chaque performance extraordinaire est niée d'emblée en fonction des limites de notre science et de notre anthropomorphisme. Or toute science d'une civilisation plus vieille que la nôtre, ne peut qu’apparaître magique. Tout psychisme modelé par une évolution multimillénaire au delà de l'humain ne peut que nous être incompréhensible, sauf ce qu’il aurait en commun avec nous.

Pour Guérin, les raisons et les objectifs de la désinformation et de son efficacité sont de trois ordres. Une grande nation, visitée en premier à la suite de son entrée dans l'ère atomique, a espéré, et espère peut-être encore, découvrir et exploiter seule les performances de ces disques, s'assurant ainsi une hégémonie écrasante et définitive sur les autres. Pour cela, elle y a imposé un niveau de secret supérieur aux choses atomiques et de la guerre froide, menaçant par exemple toute divulgation d'une information ovnique par un membre de ses forces armées de dix ans de prison et 10.000 dollars d'amende. Les autres nations ont emboîté le pas avec la crainte ou l'alibi d'une panique que l'on ne voit toujours pas venir. Ainsi chez nous les procès-verbaux d'observations d'ovnis établis par la gendarmerie sont frappés d'une interdiction de consultation pendant 60 ans !

Mais le blocage hargneux des scientifiques et l'indifférence amusée de la masse des contemporains depuis 50 ans a une autre origine : la peur, la panique intellectuelle devant l'éventualité d'une confrontation avec des êtres, non seulement munis d'une supertechnologie à des années lumière de la nôtre, d'une superscience transcendant la nôtre, mais aussi d'un psychisme supérieur leur permettant de manipuler l'espace - temps et la matière, et vraisemblablement le domaine dit du paranormal. Il nous faudrait abandonner notre science, notre conception du monde et de l'homme et surtout l'hégémonie de l'espèce humaine sur tout ce qui vit. Devant la mort, l'inconnu, un danger incontournable, les deux mécanismes de défense du cerveau humain sont la négation et le rire. Élaborés par le cerveau limbique, ils sont très capables de faire taire le cerveau cortical.

D'où les arguments anthropomorphes des sceptiques : distance des étoiles immense, supervitesse sans bang, absence d'inertie, lévitation silencieuse et sans réaction, disparition sur place. D’où l’argument : C’est impossible donc faux. Autres arguments : il y en a trop, pourquoi mettre tant de temps pour nous observer, s'ils étaient là ils débarqueraient. Pourquoi débarquer s’ils n’en ont pas besoin pour faire cuisine. Ils ont peut-être déjà des bases lunaires, astéroïdes, océaniques. D'autres ne font que passer. La phase d’observation est probablement terminée et ils en sont à la phase exploitation de la planète, de sa flore, de sa faune, de l'homme. Tout cela sans que nous en percevions plus que nos veaux élevés pour l'abattoir et sans pouvoir deviner ce qu'ils font derrière ce festival d'absurdités et de leurres.

Il y a des manifestations objectives dont on ne veut pas plus s'occuper que des témoignages : fragments à taux d'isotopes exotique, implants, récits d'enlèvements frappés d'amnésie et retour sous hypnose d'un scénario spécifique, dissections de bétail aux États-Unis, agropictogrammes.

Si ce troisième coup de semonce ne suffit pas à réveiller l'opinion, on sera tenté d’admettre la dernière hypothèse de Guérin, qui paraîtra délirante au rationaliste sceptique : nous sommes déjà sous contrôle du phénomène. Cela est très vraisemblable au vu de ce que rapportent nombre de témoins qui disent avoir été paralysés par le phénomène pendant leur observation. Mais ils ne sont pas tombés, ils sont restés debout, donc ils ont conservé leur tonus musculaire, les mouvements automatiques et les réflexes nécessaires au maintien de la posture, ils ont conservé les mouvements oculaires. Seuls les mouvements volontaires sont supprimés, ils reviennent progressivement un quart d'heure après la disparition du phénomène. Il s'agit d'une neutralisation élective du cortex moteur volontaire sans toucher aux autres zones du cerveau. Qui peut faire cela doit pouvoir manipuler le jugement. JC

 

NOTE DE LECTURE

Gordon Cooper, Nous ne sommes pas seuls dans l’espace, mémoires, ovnis : un astronaute de la NASA témoigne, Presses du Châtelet 2001, Leap of faith, Harper Collins, New-York, 2000

Le colonel Gordon Cooper, alors major de l’armée de l’air américaine, est un des sept premiers astronautes sélectionnés en 1960 pour le programme Mercury et le dernier à orbiter le 15 mai 1963 : panne totale courant à la 19e révolution, température et CO2 montent et il devra prendre les commandes à main pour une rentrée acrobatique et un amerrissage réussi. Puis, c’est Gemini 5 avec Conrad. Il est crédité être le premier astronaute à avoir observé un ovni dans l’espace, il dément ainsi que les histoires de photos, de structures sur la Lune et d’observations par d’autres astronautes, sauf celle de MacDivitt et White sur Gemini 4 en 1965 : un objet métallique bizarre avec un bras qui dépasse, dûment photographié, il n’était pas sur la liste des débris spatiaux et ne pouvait être le 2e étage du lanceur Titan II que Divitt avait identifiée auparavant.

Par contre, il rapporte plusieurs observations d’ovnis à lui directement rapportées, malheureusement il ne donne pas toujours noms, dates et détails : - quatre par un commandant de bord de ses amis dont l’une sous une aile ; - une par deux pilotes d’essai sur T-33 à 9.000 m au dessus d’Amarillo, alertés par le centre de contrôle d’Albuquerque et son radar, il s’étaient rapprochés d’un grand disque métallique et avaient volé avec lui dix minutes en formation serrée. Lui-même en a vu en 1951 alors qu’il était lieutenant en second à la 525e escadrille de chasseurs bombardiers en RFA sur F-84 puis F-86 Sabre, ayant décollé en formation d’interception de disques métalliques argentés qui montaient toujours plus haut que le plafond des chasseurs. Des soucoupes ont survolé la base quotidiennement pendant deux ou trois jours. Parfois en groupe de quatre, parfois jusqu’à seize appareils en même temps. Elles pouvaient varier d’allure et même s’arrêter pendant que nous filions sous leur ventre comme des flèches. Elles venaient au dessus de la base à intervalles réguliers toute la journée généralement d’est en ouest. Des photos, des rapports d’officiers supérieurs, aucune enquête officielle.

Le 3 mai 1957, son équipe de photographes, James Bittick et Jack Gettys, filmait des atterrissages d’essais sur le site Askania n°4 d’un lac asséché de la base Edwards, ils enchaînèrent à une photo par seconde, sur une soucoupe à trois trains d’atterrissage se posant devant eux à 50 m, métallique argentée de 10 m de diamètre silencieuse, mitraillée au 24 x 36 et au 4 x 5 ; elle s’est envolée à survitesse quand ils s’en sont approchés. Cooper appelle le Pentagone où un général lui donne l’ordre de développer les films sans tirage papier et de les envoyer à Washington dans une valise fermée à clef. Cooper n’a pas tiré de positifs mais a vu les négatifs : gros plan d’une soucoupe classique argentée, brillante, lisse, posée sur tois pieds. Plus rien sur cet atterrissage sur une installation militaire ultrasecrète. Ballon sonde déformé par l’air du désert dira-t-on. Un ballon sonde en forme de soucoupe avec trois trains d’atterrissage réplique-t-il.

Il cite quelques observations inexpliquées du programme Livre Bleu :

- 13.03.51, base aérienne de McClellan, lieutenant en premier BJ Hastie, un cylindre de 60 x 27 m, durée d’observation deux minutes, départ à vitesse insensée ;

- 24.03.52, Point-Conception, Californie, un navigateur radariste volant sur B-29 suit 20 secondes un objet à 5.000 kmh, quatre fois celle de l‘avion le plus rapide d’alors.

- 10.01.53, Sonoma, Californie, le colonel ® Robert McNab, de l’Agence de sécurité fédérale FSA, voit pendant 75 secondes un objet plat opérer les évolutions les plus incroyables ;

- 15.07.51, le fameux carrousel de Washington ;

- 13.08.56, deux bases aériennes américaines en Angleterre sont survolées, deux avions sont envoyés en interception, un ovni s’enfuit à 18.000 kmh, un autre se colle en queue d’un avion qui ne peut se dégager jusqu’à son départ.

De 48 à 69, Livre bleu enquête sur 12.618 observations et ne peut en expliquer 701. Dans le premier semestre 52 : 400 rapports dont nombre par des pilotes envoyés après observations visuelles ou radars. Les photos prises par Cooper sur Gemini 5 lui sont confisquées sur ordre du président Lyndon Johnson, il saura plus tard qu’il avait photographié la zone 51 où la technologie de disques crachés serait expérimentée et dont il n’a jamais rencontré quelqu'un admettant y avoir travaillé. Cooper était l’ami des Allemands enlevés par les Américains : Hermann Oberth, avait dirigé une commission d’enquête ouest-allemande sur les ovnis et les disait " propulsés par un champ gravitationnel modifiant la gravité en énergie utilisable, et ne venant pas du système solaire " ; Wernher von Braun qui a fait une observation inexpliquée le 10 juillet 1949 à White Sands, alors qu’il lançait un V-2 à 600 m/sec, deux petits ovnis montaient en cerclant autour du missile, dont l’un passa dans l’échappement du missile, puis le laissèrent sur place à grande vitesse.

Cooper nous révèle que le coup d’arrêt au programme Saturn 5, à la conquête de la Lune et de Mars est dû à la croisade du sénateur Proxmire contre les dépenses inconsidérées, l’une des plus grandes stupidités faites par ce pays dira von Braun. En 1970, Cooper quitte la Nasa et participe à des fouilles sur un site olmèque, il y voit des représentations d’hominoïdes supérieurs et des symboles et méthodes de navigation aux étoiles les plus récentes.

En automne 1975, un rapport du NORAD à propos du survol de bases aériennes de la frontière nord de près aurait oublié celui des sites d’armes nucléaires : - 28.10.75, BA de Loring, Maine un objet rouge et orange, à feu blanc clignotant et feu ambre et orange, mouvements désordonnés et arrêts ; - 30.10.75, BA de Wurthsmith, Michigan, un feu pointant en bas et deux feux rouge arrière, vu et radaré par un KC-135 de ravitaillement en vol, qui s’en approche et le voit partir à 20.000 kmh ; - 08.11.75, BA aérienne de Malstrom, Montana, sept objets, témoins au sol, vitesse 15 kmh au radar ; - 10.11.75, BA de Minot, Dakota-nord, objet brillant silencieux défile rapidement à 600 m au dessus douce la base ; - observation de Jimmy Carter, Leary, 1969, orbe flamboyant rouge et vert traversant le ciel en quelques minutes ; - Ronald Reagan, alors gouverneur, et son pilote personnel Bill Paynter, route sur Los Angeles, voient un ovni près d’une aile, collant aux manœuvres de l’avion quelques minutes avant de dégager et filer. En 1978, sur la proposition de la Grenade, Hynek, ancien conseiller de Livre Bleu et Cooper vont demander à l’Onu l’officialisation de la recherche, en vain. Demande reprise encore en 1998 par le colloque de Peter Sturrock.

A partir du chapitre 13 on entre dans encore plus insolite. En 1978, Greg Linde, une relation d’affaires, veut lui présenter Wendell Weddling, autre homme d’affaires qui aurait fait une rencontre du 3e type, mais Welling meurt avant qu’il ait pu le voir. Il verra son gendre, Scot Holmgren, qui raconte : Le 6 octobre 1959, Welling, G. Nelson, W. Buhler, à Montpelier, Idaho, après avoir entendu deux démarrages de moteurs et une déflagration terrible, voient un disque qui vient en basculant à une altitude de 300 m défiler à 400-500 m d’eux à 600 kmh. Il était fait de deux dômes inversés d’un gris bleuté, séparés par un espace de 50 cm muni de poteaux verticaux ; seul le dôme supérieur tournait sur lui-même, trois trains d’atterrissage, aucune marque, aucune fumée ni échappement, l’engin s’éloigne et disparaît à l’horizon en deux trois minutes. Welling s’était alors mis à construire des maquettes de soucoupes pilotables, à voilure de soie sur structure en bois de sapin et en utilisant l'effet toupie de deux demi disques contrarotatifs, l’inférieur muni de fentes rejetant l’air. L’énergie fournie par un générateur lui parvenait par un câble. Cooper est invité à piloter la plus grande qui s’élève tout de suite à 3 m et évolue dans les limites de son câble. Il en apprécie la portance et la force de sustentation.

Cooper, employé chez Disney, est contacté par Valérie Ransone qui se dit informée télépathiquement par des intelligences extraterrestres bénévolentes à notre égard. Elle participait avec quelques scientifiques marginaux à la création d’un centre de technologie avancée CAT. V. Ransone avait eu un épisode de temps manquant à 17 ans et recevait depuis des messages télépathiques de même qu’un groupe de personnes réceptives,  des enfants de l’espace. Il consulte un Dr Puharich qui travaille sur ce matériel de télépathes. Circonstance aggravante Valérie tordait les cuillères. Elle a recensé 35 enfants de l’espace de 12 à 55 ans ainsi qu’une douzaine de civilisations travaillant à informer leurs correspondants. S’agirait-il d’une nouvelle affaire Oummo ? Cooper décide de les aider à temps perdu à monter le CAT. Un message reçue par Valérie va confirmer Cooper dans la réalité du phénomène : un défaut dans la ventilation de la navette spatiale est à revoir sauf à aller à la catastrophe. Cooper informe Bennet Ben James, l’erreur de conception est repérée et réparée. Puis Valérie lui fait connaître les travaux de Nicolas Tesla, indûment doublé par Edison, Marconi, Röntgen. Tesla est mort à New-York en 1943 après que son labo et ses documents aient été détruits dans un incendie. Tesla aurai inventé un système de transmission de l’énergie sans fil par antennes, avec un circuit empruntant le sol et l’ionosphère, mais les efforts des concurrents auraient empêché la construction d’une tour de Tesla, ce que Valérie voulait réaliser. L’argent semble avoir manqué au projet.

Valérie présente Dan Fry, spécialiste de la propulsion balistique, impliqué dans la mise au point du guidage de la fusée Atlas. Le 4 juillet 1950 à White Sands, au cours d’une promenade au pied des monts Organ, peut-être téléguidée, Fry a été survolé par un objet obscurcissant les étoiles en s’approchant jusqu’à 30 m, sphère bleue de 10 m de diamètre sur 6 m de hauteur, bol retourné sur une assiette. Une voix l’avait averti de ne pas toucher la surface protégée par un champ répulsif, puis l’avait invité à un court vol comme passager. Gordon sera invité par Valérie à un second tour de soucoupe avec Fry. Mais le vol sera annulé. Cooper conclut sur les trois mystères de sa vie : les interceptions d’ovnis en 1951, les soucoupes de Welling, l’information confirmée sur un défaut de conception de la navette, sans parler des nombreuses observations inexpliquées qu’il rapporte de première main de collègues ou informateurs. Je suis curieux de la réaction de l’établissement. Fera-t-il le silence radio sur cette part insolite de ses mémoires qui occupe 74 pages sur les 310 de ses mémoires ? Prendra-t-il le risque de suggérer que la Nasa avait sélectionné, parmi les sept élus à partir des 508 pilotes d’essais retenus sur plus d’un millier de candidats, au moins un naïf fabulateur ou crédule ? L’absence de répercussion ici d’un débat américain depuis un an que le livre est paru semble en faveur de la première réaction sans doute la plus efficace.

Jacques Costagliola


Retour à la rubrique "Notes de lecture"