Hunt
for the Skinwalker – Un nouveau défi à l’hypothèse
extraterrestre ?
par Gildas Bourdais
Gildas
Bourdais rapporte ici la conférence qu'il a donnée à la "Third
international UFO Conference", (Carrick
on Shannon, Irlande, 23/24 Septembre 2006), organisée par la "UFO Society
of Ireland", dont la présidente est Betty Meyler (Web site : www.ufosocietyireland.com
)
Au cours de
cette conférence, Gildas Bourdais a discuté le livre "Hunt
for the Skinwalker" de Colm A. Kelleher, Ph.D., et George Knapp, paru en 2005 aux éditions Paraview
Pocket Books (191 Seventh Avenue, New York, NY, 10011, E.U.) - ISBN-13 :
978-1-4165-0521-1. En fin de partie, il a apporté des éléments personnels
pour appuyer ses commentaires.
Introduction :
un livre important et provocant
Le
but de cette conférence est de présenter et discuter un livre important et
provocant, publié à la fin de 2005, sous un titre curieux : « Chasse
au Skinwalker » (Hunt for the Skinwalker, voir
la légende ). Le sous-titre est plus explicite : « La science est
confrontée à l’inexpliqué dans un ranch isolé de l’Utah » (Science
Confronts the Unexplained at a Remote Ranch in Utah). Il a été écrit par un
biologiste, le Dr Colm Kelleher (PhD), et un journaliste, George Knapp, bien
connu pour ses enquêtes sur les ovnis. Kelleher
est docteur en biochimie de
l’université de Dublin.

couverture
du livre
En
quelques mots, Colm Kelleher et George Knapp révèlent enfin, en détail, les
nombreux phénomènes étranges qui se sont produits sur un ranch dans l’Utah,
allant de lumières bizarres à des phénomènes de « poltergeist »
dans la maison, à des apparitions fantomatiques et des mutilations animales.
Ces événements ont été étudiés discrètement, presque secrètement,
pendant plusieurs années par une équipe scientifique de NIDS sous la direction
du Dr Kelleher. NIDS signifie « National Institute for Discovery Science ». C’est
une organisation privée, fondée en 1995 par un riche homme d’affaires de Las
Vegas, Robert Bigelow, qui s’intéressait aux ovnis et phénomènes connexes.
Bien que NIDS soit une organisation purement privée, il est connu qu’elle a
quelques relations de travail avec des services gouvernementaux, si bien que
tout ce que NIDS a dit ou publié a été écouté avec beaucoup d’attention.
Et, bien que Kelleher et Knapp soulignent qu’ils sont des auteurs indépendants
(Kelleher ne travaille plus pour NIDS), leur livre constitue en quelque sorte le
compte-rendu de NIDS sur ces événements étranges. Ajoutons que, après une décennie
d’études actives de NIDS sur les ovnis et autres sujets liés, tels que les
mutilations de bétail et les enlèvements, Robert Bigelow a apparemment arrêté
les enquêtes sur les ovnis et s’est tourné vers des projets spatiaux, en
relation avec la NASA, tout en conservant le site web de NIDS ouvert, avec
quelques rapports très intéressants.
Site web : http://www.nidsci.org/index2.html

George
Knapp
Dans
leur livre, Colm Kelleher et George Knapp disent comment l’équipe de NIDS et
le comité scientifique de NIDS ont discuté des explications possibles de ces
étranges événements, incluant des théories « paranormales », même
les plus ésotériques, comme nous allons le voir. Ce qui relie l’histoire aux
ovnis est le fait que de nombreuses observations ont été faites de globes
lumineux et d’objets volants silencieux, incluant des formes typiques
d’ovnis. Mais ils apparaissaient et disparaissaient de manière très étrange,
un aspect qui ouvre la porte à la question des phénomènes paranormaux. Un
autre lien est que toute la région, le bassin Uintah dans l’Utah, est, selon
leurs propres termes, « un prétendant poids lourd au titre de capitale
mondiale des ovnis ». Depuis les années cinquante, des milliers
d’observations d’ovnis ont été rapportées dans cette zone, et il est
estimé que la moitié des résidents ont vu des objets anormaux dans le ciel.

La
vallée de l’Uintah, dans l’Utah
Au
cœur du débat se trouve la question de la nature des ovnis, qui est débattue
depuis longtemps. Dans le livre Hunt for the Skinwalker, la classique « Hypothèse
Extraterrestre » est mise en doute par les auteurs, non seulement comme
explication pour les événements au ranch mais, par extension, pour les ovnis
et phénomènes liés en général. Ils comparent les événements observés au
ranch de l’Utah avec des événements semblables qui se sont produits dans
d’autres lieux , tels qu’un ranch dans le Colorado, et dans la région de
Dulce au Nouveau-Mexique. Ils les comparent aussi avec des légendes indiennes ,
telles que des entités ou êtres surnaturels appelés tricksters (« joueurs
de mauvais tours ») et skinwalkers , qui ont la réputation d’être
malveillants. Le chapitre cinq tout entier, intitulé «La malédiction »
(The Curse), est consacré à ces légendes, expliquant ainsi le titre curieux du livre. Nous apprenons que le ranch a une mauvaise réputation parmi les Indiens Ute de la région. Un chercheur local, du nom de Hicks, leur a dit qu’ils « ont des histoires sur cet endroit qui remontent à quinze générations ». Ils disent que le ranch est « sur le chemin du skinwalker » (p. 16).
La légende des skinwalkers est présente chez plusieurs tribus indiennes du
Sud-Ouest américain, telles que les Navajos, les Hopis et les Utes. Pour eux,
c’est un sorcier malveillant capable de se transformer en loup, en coyotte, en
ours, en oiseau, ou tout autre animal » (p. 35). Le skinwalker serait ,
non seulement ce que nous appelons aujourd’hui, un shape-shifter (un être
capable de changer de forme), mais il serait aussi capable d’exercer un contrôle
mental et d’accomplir d’autres mauvais tours.
|
|
|
Sculptures
Navajo de skinwalkers
A
la fin du livre, les auteurs semblent être en faveur d’un point de vue plutôt
ésotérique, se référant notamment aux idées de Jacques Vallée (qui est
membre du comité scientifique de NIDS), comme une explication valable pour le
domaine global de l’ufologie. Eh bien, sans dénier les aspects « paranormaux »
de leur histoire, je suis en désaccord avec cette explication globale et je
propose de la discuter dans cet article. Mais commençons par le commencement de
l’histoire : les événements étranges qui se sont produits sur ce ranch
de l’Utah.
I
– Différents
phénomènes étranges
1)
Les incidents effrayants subis par le fermier et sa famille, de 1994 à
1996
Vers
la fin de 1994, la famille Gorman, Tom, Ellen et leurs enfants (pseudonymes),
achète le ranch pour y élever du bétail, et s’y installe. Il est inoccupé,
depuis plusieurs années bien que ce soit une bonne terre pour le bétail. Ils
sont surpris d’y trouver de lourdes serrures sur toutes les portes et les fenêtre
lors de leur installation.

Le
fermier Tom Gorman
|
|
|
Vues
du ranch et de la porte d’entrée
A
bout de quelques mois, ils commencent à voir des boules lumineuses de diverses
couleurs, blanches, jaunes et bleues, se déplaçant autour du bétail et de
leur maison. Ils observent souvent des « orbes » de la taille
d’une balle de baseball de couleur bleue brillante, « remplies d’un
liquide tourbillonnant, chargé électriquement » (p. 142), qui font
baisser les lumières quand elles passent près de la maison. Ils observent
aussi des nuages étranges « remplis de lumières qui explosent
silencieusement ».
Voici
maintenant l’un des principaux aspects de l’histoire. Plusieurs animaux
disparaissent sans traces. D’autres sont découverts morts, mutilés. En tout,
Gorman va perdre 14 bêtes sur un total de 80 animaux (p. 90), une sévère
perte financière. Cela va être l’un des principaux sujets d’étude de
NIDS.
Un
jour, se produit un incident effrayant. Un énorme « loup », en fait
bien plus gros qu’un loup, s’approche d’eux en traversant tranquillement
le terrain. Une fois arrivé tout près d’eux, il attaque soudain un veau. Ils
tirent dessus mais il est très difficile de l’arrêter, même avec un fusil
puissant. Bien qu’il soit touché de plusieurs balles, suffisantes pour tuer
un élan, il s’en va juste tranquillement et disparaît dans les bois. Ils
suivent les traces de l’animal, dans la boue près d’une rivière, mais
elles s’arrêtent soudainement. Cela semble être un événement irréel, mais
ils sont certains d’avoir blessé sévèrement un animal réel, qui a même
perdu un morceau de chair, tombé sur le sol.
Ils
font l’expérience d’activités de « poltergeist » dans leur
maison : des portes claquent, des objets disparaissent et sont retrouvés
ensuite en un autre endroit. Certains incidents ressemblent à de mauvais tours.
Par exemple, ils trouvent le poivre dans la salière et vice-versa. Une autre
fois, Ellen Gorman retrouve sur la table de la cuisine les provisions qu’elle
avait rangées soigneusement dans les placards. Quelque fois, ils entendent des
voix riant et se moquant d’eux dans un langage inconnu.
Objets ressemblant à des ovnis
Tom
et Ellen Gorman ont « rapporté des observations d’un appareil triangulaire,
se déplaçant silencieusement, dont la structure noire projetait des lumières
multicolores » (p. 141). Gorman a vu aussi « une version
silencieuse, miniature, de l’avion F-117 », se déplaçant lentement à
moins de 20 pieds du sol (env. 7 m). Un autre soir, sa femme Ellen Gorman,
revenant à la maison en voiture, « se
retrouve sous l’ombre d’un énorme
engin triangulaire noir » qui avance en même temps qu’elle à 10 m au
dessus de la voiture.
De
tels engins silencieux, de type ovni, ont été observés dans les environs.
L’un de leurs voisins, Gonsalez, a observé un ovni en forme de chapeau
mexicain. Une autre fois, il a vu un disque argenté qui a semblé « être
absorbé par la corniche » (p. 140). C’est une observation intéressante
qui suggère le passage de l’ovni dans une « autre dimension ».
Plusieurs
fois, les Gorman ont vu des créatures fantomatiques, comme le légendaire
« bigfoot », aussi appelé « sasquatch » par les
Indiens, rôdant sur leur propriété. Ils entendent aussi des grognements
sinistres, sentent des odeurs de
musc nauséabondes, et ils voient en même temps des objets volants silencieux
« ressemblant à un réfrigérateur », planant aux alentours,
provoquant la panique dans le bétail, et disparaissant soudainement. Ils
semblent analogues aux « chupas » qui ont attaqué des populations
isolées dans le Nord-Est du Brésil.

Dessin
d’un « chupa » au Brésil
L’un
des événements les plus impressionnants et préoccupants a été la découverte
de quatre gros taureaux, pesant chacun plus de mille kilos, endormis, enfermés à l’intérieur d’une remorque qui n’avait pas servi depuis des années.
Lorsqu’ils se sont réveillés, les taureaux ont dévasté l’intérieur et
ça a été un travail de fou pour arriver à les sortir de là.

Photo
de la remorque
Une
autre fois, Tom voit un troupeau de vaches se séparer soudainement en deux,
comme s’il y avait une force invisible entre elles. Cependant, cette chose
invisible produit un fort champ magnétique, qu’il détecte avec sa boussole.
La « fenêtre »
Le
chapitre 8 du livre , intitulé « La fenêtre », révèle une série
d’observations exceptionnelles, qui pourraient bien être au centre de toute
l’histoire : l’apparition d’une sorte de « fenêtre »
circulaire, flottant dans le ciel. Citons exactement les premières lignes du
chapitre :
« De
toutes les choses extraordinaires qui se sont produites sur le ranch Gorman, la
plus courante impliquait les étranges structures orange, irréelles, qui
apparaissaient dans le ciel à l’ouest. Tous les membres de la famille ont vu
ces structures des dizaines de fois. Elles apparaissaient dans le ciel et
semblaient planer à faible altitude au dessus des cotonniers,
à environ un km et demi. »
Ils
l’observent, après la tombée de la nuit, toujours à peu près au même
endroit. Une nuit, Tom Gorman aperçoit,
à l’intérieur du cercle, ce qui lui semble être « un autre ciel » :
« A travers ses jumelles, il vit distinctement un ciel bleu. Cette nuit-là,
l’objet orange apparaissait comme s’il était une fenêtre vers un autre
lieu où il faisait encore jour. » (p.63)
Un
autre point important est que, une nuit, Gorman voit un objet noir se déplaçant
rapidement, et grossissant rapidement au centre de la fenêtre orange. Il semble
sortir du « trou » dans le ciel, et s’enfonce rapidement dans la
nuit. Cela le convainc qu’il y a une sorte de « porte dimensionnelle »,
à travers laquelle des objets peuvent entrer et sortir de notre réalité.
C’est une idée centrale de toute l’histoire, sur laquelle je vais revenir
plus loin.
Voici
un autre incident qui donne nettement l’impression d’une manipulation
hostile de la part de ceux, quels qu’ils soient, qui sont derrière tout cela
et tirent les ficelles. En juin 1996, des rumeurs commençaient déjà à se répandre
sur d’étranges événements ayant lieu sur la ferme, et un visiteur vint pour
s’informer. C’était un homme grand et tranquille, et il de livra à une
sorte de méditation au milieu d’un champ, les yeux fermés et les bras levés.
Soudain, quelque chose se déplaça rapidement dans le bois voisin. Tom Gorman,
qui était là, ne put en distinguer clairement la forme
sauf que c’était gros. Une forme floue sortit du bois et fonça vers
l’homme, s’arrêta pile devant lui et «laissa échapper un rugissement
animal du fond de la gorge » , ressemblant à moitié à celui d’un
ours, à moitié à celui d’un lion. L’étranger fut terrifié et commença
à crier de manière hystérique. Il quitta la propriété dans un état de
panique et n’y remit jamais les pieds.
Au
cours de l’été 1996, Tom Gorman et sa famille atteignent un point de
rupture. Un jour, Tom voit ses trois « chiens de garde favoris »
partir à la poursuite d’une orbe bleue, « de la taille d’une balle de
baseball ». Ils la poursuivent dans un bois proche, Gorman les entend
hurler, puis n’entend plus rien. Effrayé, il attend le matin pour aller voir,
et les trouve complètement brûlés, incinérés. A ce point,
les Gorman sont si choqués et terrorisés qu’ils décident de vendre
le ranch. NIDS achète la propriété en août 1996 et décide de lancer là une
étude scientifique. La famille Gorman déménage à 40 km (25 milles) de là,
mais Tom accepte de venir tous les jours pour s’occuper du ranch et du
troupeau, et pour aider l’équipe de NIDS.
2)
Les incidents observés en présence de l’équipe de NIDS
De
la fin de 1996 à l’été 2004, une équipe de NIDS menée par le Dr Colm
Kelleher, biochimiste, installe et opère un laboratoire permanent, doté de
différents matériels. Leur but est de collecter des données dans les domaines
électromagnétique et magnétique, et de toutes lumières de type ovni dans le
spectre visible et UV. Ils ont des équipements portables, comprenant un
dispositif d’acquisition de lumière avec des lentilles de Fresnel, un
spectromètre relié à un ordinateur portable, des jumelles de vision nocturne,
des caméras vidéos adaptées pour la vision nocturne, des analyseurs de fréquence
radio, des détecteurs de micro-ondes, etc. (p. 100).

Caméras
de surveillance
Ils
vont observer de nombreux incidents, mais n’arriveront pas à en faire des
enregistrements décisifs, à l’exception des mutilations de bétail. Dès
1997, est publié un article indépendant dans le UFO Magazine américain
(Janvier-février, signé par le journaliste Zack Van Eyck),
mais l’équipe de NIDS reste très discrète. Ils publient bien des
informations sur le site web de NIDS, en particulier sur le cas de mutilation de
mars 1997, mais ce n’est qu’en 2002 qu’ils invitent le journaliste George
Knapp à venir sur le ranch, et l’autorisent à parler des événements. Il écrit
un long article en deux parties qui est publié dans un journal de Las Vegas, et
est reproduit dans plusieurs publications. Par exemple, le UFO Magazine
britannique (janvier et février 2003), et le UFO Magazine américain (avril/mai
et mai/juin 2003). En même temps que la publication de leur livre au début de
cette année, les auteurs ont aussi écrit un article dans le magazine internet
Sub Rosa (N° 4, mars 2006).
Les
observations de NIDS
Ainsi,
qu’ont-ils trouvé ? Quelques mois seulement après le début de leur étude,
ils sont confrontés à des incidents étranges, souvent effrayants. Comme la
famille Gorman, ils observent les même boules lumineuses volantes - ou « orbes »
- mystérieuses, mais ne
parviennent pas à les enregistrer clairement. Ils installent beaucoup d’équipements
de surveillance et de d’enregistrement mais, chaque fois qu’ils sont sur le
point de réussir, le phénomène évite le piège et cela ressemble de plus en
plus à un jeu du chat et de la souris. Comme
ils le disent dans leur article de mars 2006, on dirait qu’un trickster
caché avait « quelques pas d’avance sur eux à tout moment »,
laissant « à l’occasion un indice sous la forme d’une carcasse de
veau brutalement découpé, des traces inhabituelles dans la neige, des images
excitantes dans l’infrarouge, ou la mise hors service d’équipements de
surveillance, tout en ne laissant pas suffisamment de preuves physiques
qui pourraient constituer une preuve flagrante ».
Le « tunnel »
Le
25 août 1997, deux membres de NIDS, Jim et Mike (pseudonymes) sont en
observation de nuit, au bord d’une falaise, à trente mètres au dessus de la
prairie, là où des événements
étranges se sont déjà produits. Vers 2 h 30 du matin, ils commencent à
apercevoir une faible lumière juste au dessus du sol, invisible à l’œil,
mais visible avec de puissantes jumelles de vision nocturne, amplifiant électroniquement
la lumière ambiante. C’est une lumière d’un jaune sale qui se développe
pour former une sorte de « tunnel », d’environ quatre pieds (1,20
m) de diamètre. Soudain, Mike aperçoit une créature sombre, haute d’au
moins six pieds (1,80 m) qui en sort en rampant et s’en éloigne en marchant,
sur quoi le tunnel commence à rétrécir et disparaît rapidement. Son
compagnon Jim, cependant, dit n’avoir vu que la lumière. Et bien qu’ils
aient eu un équipement scientifique de mesure de radiations et de pics de magnétisme,
ils n’ont réussi à rien enregistrer d’inhabituel. Ils ont pris des photos,
mais « les photos étaient décevantes, ne montrant qu’une faible lumière
floue sur l’une d’elles, et rien sur le reste du film ». Aussi, ils se
retrouvent avec aucune preuve solide de cette vision, mais elle apporte néanmoins
une indication, avec les « ouvertures » vues dans le ciel par les
Gorman (que n’ont pas vu les membres de NIDS), en faveur de spéculations
excitantes sur les « autres dimensions », comme on dit, qui sont
longuement discutées à la fin du livre. L’une des principales observations
faites par l’équipe de NIDS, cependant, celles des mutilations de bétail,
nous ramènent à un aspect préoccupant de toute cette histoire.
Cas bien étudiés de mutilations de bétail
On
sait que, depuis la fin des années 60, des milliers de cas de mutilations ont
été signalés dans de nombreuses régions des Etats-Unis, du Canada et
d’autres pays. Dans les années récentes, le phénomène s’est étendu
largement à l’Amérique du Sud. L’état de l’Utah, et la région du
bassin de Uintah, où se trouve le ranch de NIDS, ont souffert de nombreux cas
de mutilations de bétail. En fait, elle a été l’une des principales régions
du pays à en souffrir, et NIDS y a enquêté sur nombre de cas, en plus de ceux
survenus sur le ranch.

Carte
des cas étudiés par NIDS dans l’Utah
|
|
|
Le
veau mutilé le 10 mars 1997 ; gros plan d’une oreille découpée
Au
ranch Gorman, l’événement principal, observé directement et étudié par
NIDS, a été celui d’un jeune veau, tué et mutilé le 10 mars 1997, en plein
jour, pendant une brève absence de l’équipe, partie de l’autre côté
d’une colline pendant moins de 45 minutes. Le cas a été entièrement étudié,
gardé quelque temps sous le boisseau , puis publié sur le site web de NIDS, et
il est exposé en détail dans le livre.
(ill.
photos du veau mutilé sur le ranch de NIDS)
Le
livre n’offre aucune explication sur ces mystérieuses mutilations. Cependant,
sur le site web de NIDS, le Dr Kelleher a publié une étude importante sur le
lien possible entre les mutilations de bétail et l’émergence d’une épidémie
d’encéphalopathie spongiforme transmissible (« TSE », dont fait
partie la « maladie de la vache folle ») en Amérique du Nord.
Selon cette étude, il y a une curieuse coïncidence entre les zones
d’extension des deux phénomènes. Kelleher spécule que l’objet de ces
mutilations pourrait être la surveillance de la maladie, et aussi de nous en
alerter. Une idée vient à l’esprit, cependant : pourquoi n’y a-t-il
pas plus de mutilations dans les pays où cette maladie s’est le plus répandue,
comme l’Angleterre ?
Cercle de glace, et bruits souterrains
En
février 2002, alors que les divers phénomènes étranges s’étaient « réduits
à peu de choses », un nouvel incident s’est produit : un cercle
parfait est apparu pendant la nuit dans une mare gelée, pas très loin de la
maison. Incidemment, il y a d’autres cas de formation de cercles de glace, en
d’autres lieux, que l’on peut comparer aux « crop circles ».
Quelle est la signification de tout cela , Quel est le « message » ?

Le
cercle de glace sur le ranch de NIDS, en 2002
|
|
|
Autres
exemples de cercles de glace : Suède, 1992 ; Ontario, 2000.
Dans
un autre chapitre, discutant d’une possible implication militaire, les auteurs
signalent, curieusement, qu’ « un médium local venu sur la propriété
avait déclaré que le cercle avait été produit par une technologie installée
sous terre » (p. 224). C’est le moment de mentionner un autre aspect
curieux de l’histoire. Les Gorman ont dit qu’ils avaient souvent entendu des
bruits de grosses machines ou d’équipement métallique provenant du sous-sol.
Et les propriétaires précédents les avaient avertis de ne pas creuser le sol ! (p.
224). Rétrospectivement, il est
curieux que le livre ne donne pas plus d’informations sur ces mystérieux
anciens propriétaires. Ils semblaient en savoir long sur le ranch, et auraient
pu aider l’étude de NIDS. A ce sujet, de tels sons bizarres ont été
entendus, selon des témoins, en d’autres lieux, tels que la vallée de San
Luis et la région des « Four corners ». La vallée de San Luis,
située au sud du Colorado, est une autre région prééminente pour beaucoup de
phénomènes étranges, en particulier les ovnis, les boules de lumière, et les
mutilations de bétail. C’est là qu’eut lieu le premier cas médiatisé de
mutilation, celui du petit cheval Snippy (appelé en fait Lady) en 1967.
Christopher O’Brien, qui a écrit un livre sur ces événements, The
Mysterious Valley (1996), cite un témoignage sur des bruits étranges, de forts
bourdonnements et grondements profonds, qui ont été entendus tout près du
sol, dans la zone des Great Sand
Dunes (p. 185).
|
|
|
Livre
The Mysterious Valley, et carte de la région
Crédibilité de l’histoire, et question du secret
Le
fait que NIDS a observé de nombreux incidents semblables à ceux rapportés par
la famille Gorman donne une haute
crédibilité à toute l’histoire. Ils y a aussi des témoignages de voisins
du ranch. D’un autre côté, il aurait été aussi intéressant de retrouver
les anciens propriétaires du ranch et de connaître leur histoire. Des voisins
qui les connaissaient pensaient qu’ils avaient, en quelque sorte, accepté ces
phénomènes et appris à vivre avec eux.
Nous
pouvons regretter, cependant, que le livre ne fournisse aucune donnée précise,
scientifique, recueillie sur le ranch, telles que des enregistrements magnétiques
ou même des photos des boules de lumière, ou « orbes ». En
l’occurrence, il existe de nombreuse photos, fixes et vidéos, de boules de
lumière liées aux « crop circles ». Alors, pourquoi pas sur le
ranch de NIDS, avec tous leurs équipements sophistiqués ? Peut-être
parce que, selon Tom Gorman, dès que NIDS est arrivé au ranch, les phénomènes
sont devenus plus insaisissables, comme si l’ « intelligence »
cachée derrière eux était
devenue plus prudente. Cependant, Colm Kelleher admet qu’ils ont des
enregistrements, si bien que la question se pose : pourquoi ne les
publient-ils pas ? Sont-ils classifiés ? Durant toutes ces années,
l’enquête de NIDS sur le ranch est restée très confidentielle, alimentant
des rumeurs de secret.
Le
livre, à cause du manque de documentation précise, ne met pas fin complètement
à ces rumeurs. Il est bien connu que NIDS a eu des liens étroits avec les
militaires. Ceci est illustré, notablement, par la présence du colonel
Alexander dans le comité scientifique, un homme ayant un long passé dans des
études militaires secrètes.
II
– Théories et spéculations : des univers parallèles ? Des phénomènes
paranormaux ?
Dans
leur livre, Colm Kelleher et George Knapp s’attaquent
à pas mal d’idées et spéculations qui pourraient expliquer, selon eux,
les événements étranges sur le ranch de NIDS. Deux sujets principaux
sont traités :
-
premièrement,
l’idée d’ « autres dimensions », et le concept d’univers
« parallèles » qui ont été proposés dans plusieurs théories de
physique avancée ;
-
en second
lieu, la nature des êtres, ou « entités », qui sont derrière ces
phénomènes étranges.
1)
Univers parallèles et autres dimensions
Colm
Kelleher et George Knapp ont
consacré une partie importante et significative de leur livre à la question
des univers parallèles et « autres dimensions ». Ils se réfèrent
à plusieurs théories scientifiques, qui ont été développées depuis de
nombreuse années, sur l’existence d’un ou de plusieurs univers parallèles.
Rappelons brièvement les principales, et voyons comment elles sont traitées
dans le livre.
« Trous
de ver », fondés sur la théorie de la Relativité générale
La
théorie la plus connue est celle des « trous de ver traversables »
imaginée en 1985 par le physicien américain Kip Thorne, de Cal Tech, à la
demande de son ami Carl Sagan, qui l’a utilisée dans son
fameux roman Contact. Elle est fondée sur la théorie d’Einstein de la
Relativité générale, et c’est une vraie spéculation scientifique faite par
un physicien réputé. En quelques mots, il pourrait exister un moyen d’aller
d’une partie de l’univers à une autre, ou d’un univers à un autre,
parallèle, à travers un « trou » fait dans le tissu de
l’espace-temps, surnommé « trou de ver », et passant à travers
un « hyperespace », ou espace à quatre dimensions spatiales, comme
dans ces schémas tirés du fameux livre Hyperspace du physicien Michio Kaku.

Schémas
de trous de ver, selon Kaku, Hyperspace
C’est
un concept fascinant, mais tout le monde admet que, au mieux, nous sommes très
loin de pouvoir en fabriquer un. Il
nécessiterait, pour commencer, une quantité colossale d’énergie « exotique »
ou « négative », rien que pour le maintenir ouvert, et personne ne
sait comment cela pourrait être fait, bien que ce soit devenu un moyen standard
de transport spatial dans les films de science-fiction. Il faudrait aussi que
notre univers soit « courbe » (la courbure de l’espace dans la théorie
d’Einstein), mais toutes les observations astronomiques suggèrent que,
apparemment, il est plat !

Trou
de ver et espace courbe (Scientific American)
Il
vaut la peine de noter ici, cependant, que le physicien Eric Davis, qui a
travaillé pour NIDS, a écrit un texte de conférence donnée au symposium du
Mufon de 2001, intitulé « Trous de ver et portes des étoiles :
creuser des tunnels dans notre environnement
cosmique » (Wormholes-Stargates : tunneling through the cosmic
neighborhood ). Dans ce texte, Davis décrit audacieusement ce que pourrait
être un trou de ver, et semble confiant que nous pourrions en réaliser un, un
jour, en puisant dans une source d’énergie fantastique, surnommée l’ « énergie
du point zéro » ( Zero Point Energy ). Il note que, « Des
plus de 650 cas enquêtés par NIDS, plusieurs dizaines impliquent des
manifestations du type trou de ver », et il inclut dans la liste,
sans surprise, les phénomènes observés sur le ranch de l’Utah.
Mentionnons
ici qu’il y a d’autres témoignages sur des phénomènes similaires, suggérant
l’ouverture de « trous » ou de « portes » vers
d’autres dimensions. En voici trois exemples, très brièvement. Selon Linda
Howe, dans son livre Glimpses of Other Realities (volume 1, p. 299), « certaines
personnes disent avoir vu des êtres transparents, des boules de lumière, et
des êtres comme des ombres ( shadow beings ) émergeant de « déchirures »
ou de « trous » dans l’air de leur chambre, ou traversant les
murs, les fenêtres et d’autres objets solides ». Voici le dessin de
l’une de ces observations, faites en Californie par Linda Porter.

Dessin fait par
Linda Porter (Glimpses of Other Realities, Vol.1)
Voici
un autre exemple, d’une « porte »
qui s’est ouverte dans le ciel , devant des témoins en méditation. L’un
d’eux dit être entré brièvement dans le tunnel et avoir eu un aperçu
d’un paysage inconnu se trouvant
à l’autre bout.
|
|
|
|
Témoignage
sur la formation d’une “porte”, et aperçu d’un paysage inconnu de
l’autre côté.
Et
voici un troisième témoignage, celui-ci en relation avec les crop circles dans
le Wiltshire. Selon Michael Hesemann, dans son livre Messages, dans la soirée
du 9 juillet 1998, plusieurs témoins ont vu des hélicoptères poursuivre une
boule de lumière à West Woods. Un autre témoin, le fermier Terry Butcher,
d’Alton Barnes, a vu une sorte de tunnel s’ouvrir dans le ciel, comme si
quelque chose de grandes dimensions passait au travers, puis le tunnel a
disparu. Le jour suivant, un pictogramme a été découvert près d’Alton
Barnes (pp. 77 à, 80 de l’édition française).
Théorie
du « vide polarisable »
Eric
Davis mentionne également une « théorie alternative de la gravitation »
proposée par le physicien américain Harold Puthoff. C’est « une
interprétation de la relativité générale, qui traite le vide comme un milieu
polarisable » (PV, « polarizable-vacuum »). Selon Davis,
ce modèle PV est « la seule théorie alternative de la gravitation
qui a été utilisée avec succès pour expliquer certaines caractéristiques et
performances, physiques, anti-physiques et physiologiques » rapportées
dans des observations d’ovnis.
Ces
théories sont également évoquées dans le livre de Kelleher et Knapp, mais
ceux-ci semblent plutôt favorables à un autre concept, surnommé la théorie
des univers multiples (« many worlds theory »), ou « multivers »,
qui dérive de l’autre pilier de la physique, la physique quantique.
Incidemment, cette idée de « multivers » a été aussi promue par
Jacques Vallée, membre du comité scientifique de NIDS, dans ses livres et
articles.
Physique quantique et modèle des univers parallèles
Colm
Kelleher et George Knapp présentent cette théorie, d’abord dans leur
chapitre 29 « Autres mondes », et ils insistent dessus dans leur épilogue.
En bref, disons que c’est probablement la théorie la plus étrange, et la
plus dure à avaler, qui ait jamais été conçue dans l’histoire de la
physique moderne. Elle fut proposée d’abord par Hugh Everett et John Wheeler
en 1957, et elle postule que, selon la mécanique quantique,
pour citer les propres termes de l’un des promoteurs actuels de la théorie,
Max Tegmark, dans Scientific American (mai 2003) : « Des processus
quantiques aléatoires ont pour effet que l’univers se scinde en de multiples
copies, pour chaque issue possible » («Random quantum processes cause the
universe to branch into multiple copies, one for each possible outcome »).
Le
résultat serait l’existence d’un nombre infini d’univers parallèles,
juste comme dans les séries de science-fiction Sliders et Stargate !
L’une des nombreuses questions que soulève cette théorie fantastique
est de savoir s’il serait possible de passer d’un univers parallèle à un
autre. En passant par un trou de ver, probablement !
Dans
leur épilogue, Kelleher et Knapp affirment que cette théorie, qui fut
d’abord très controversée, est maintenant approuvée par une majorité de
physiciens : « Ce concept est connu sous le nom de multivers ou théorie
des mondes multiples, et il est maintenant largement accepté dans le monde
scientifique » (p. 276). Ils citent l’article déjà mentionné plus
haut de Max Tegmark dans Scientific American, et d’autres physiciens réputés
comme David Deutsch (dans son livre The Fabric of Reality), et Michio Kaku. En
effet, Kaku semble l’approuver dans son livre Visions (1997).
|
|
|
“Multivers »
avec des trous de ver, selon Kaku (Hyperspace) : couverture de Scientific
American de mai 2003)
En
fait, nombre d’autres scientifiques sont réticents vis-à-vis de cette théorie,
notamment les promoteurs de la fameuse « théorie des supercordes »,
qui essaie de réunir les deux piliers de la physique. L’un d’eux est le
jeune physicien Brian Greene, qui a écrit deux livres brillants sur ces théories,
L’Univers élégant (The Elegant Universe) en 1999, et La magie du cosmos (The
Fabric of the Cosmos) en 2004. Pour lui, il peut y avoir d’autres solutions,
plus « économiques », pour ainsi dire, à ce paradoxe de la
physique quantique. Par exemple, la théorie de la « physique non locale »
du physicien britannique David Bohm. Selon Greene, il n’y a pas actuellement
de théorie favorisée par une majorité de scientifiques, et le problème reste
non résolu (p. 254 de son second livre). Cela dit, les théories des cordes
font également une place à la possibilité de mondes parallèles !
|
|
|
Couverture
des deux livres de Brian Greene
Théories des cordes, théorie « M », et le
modèle des « Branes » parallèles
Cette
théorie des « cordes », ou des « supercordes », est en
fait une famille de différentes théories, avec une déjà longue histoire
depuis les années 60. Très brièvement une fois de plus, mentionnons l’étape
la plus récente de son évolution, qui a été formulée principalement par
Edward Witten, de Princeton, et qui est appelée la théorie « M ».
Selon celle-ci, l’univers est fait de onze dimensions, mais nous vivons
effectivement dans un monde à trois dimensions spatiales (quatre avec le
temps), surnommé « Brane », diminutif de « membrane ».
Cependant il y aurait peut-être une autre Brane, ou monde parallèle, qui ne
nous toucherait jamais mais serait très proche de nous ! Elle se
manifesterait seulement par ses effets gravitationnels. Elle pourrait expliquer
le mystère de la matière manquante, ou « énergie sombre », qui
est l’un des grands mystères de l’astronomie actuelle. Et, de nouveau,
selon certains, il serait peut-être possible d’aller d’une membrane à une
autre, en passant par un hyperespace à dix dimensions, appelé cette fois le
« volume » (« the bulk »). Notons que, dans cette
théorie, les deux membranes parallèles sont plates. Incidemment, cela
permettrait aussi les voyages dans le temps , selon Heinrich Päs, cité dans le
New Scientist (20 mai 2006).

Voyage
temporel entre deux branes parallèles, New Scientist 20 mai 2006)
Selon
Brian Greene et d’autres physiciens, il y a encore d’autres développements
en perspective pour ces théories, par exemple la « gravitation quantique
à boucles » (« Quantum
Loop Gravity ». Voir Greene, La magie du cosmos, p. 580), et peut-être de
nouvelles idées dont nous n’avons pas encore entendu parler, si bien que la
situation semble être très ouverte.
Quant
à notre question provocante des ovnis « inter-dimensionnels » et phénomènes
apparentés, le dernier mot semble être , à l’heure actuelle, que nous ne
savons pas encore, en fait, comment ils viennent et s’en vont ! Cela étant
dit, l’autre question qui continue à nous harceler est : « qui
sont les auteurs de ces étranges phénomènes, et quel est leur « agenda » ? ».
Comme je l’ai dit, Kelleher et Knapp présentent quelques idées qui tendent
toutes à écarter l’hypothèse extraterrestre.
2)
Qui est là ? Aliens, êtres
d’ « outre-monde », ou autres ?
Colm
Kelleher et George Knapp pensent, comme beaucoup d’autres auteurs, que l’HET
classique ne suffit pas pour expliquer certaines choses, et ils préfèrent des
théories « paranormales » sur des êtres « d’outre-monde »
(« otherwordly ») et des entités venant d’autres « dimensions ».
Ainsi, ils nous ramènent à la vieille question : « ET ou pas ET ? ».
Voyons leurs arguments.
L’HET mise en question
Dans
leur chapitre 25, intitulé « Hypothèses », les auteurs commencent
par cette question : « Etaient-ce des ovnis qui volaient au dessus du
ranch de l’Utah, ou était-il hanté ? », et ils passent en revue
diverses hypothèses. Ils écartent rapidement les canulars, les illusions, et
certains phénomènes naturels inexpliqués tels que la « théorie du
stress tectonique » de Michael Persinger. Ils mentionnent l’idée
d’une ancienne civilisation terrestre très avancée (sans doute humaine),
mais ils n’insistent pas, et je ne le fais pas non plus. Vient alors la grande
question des extraterrestres, qu’ils présentent comme « le modèle le
plus connu mais pas forcément le plus crédible pour expliquer les multiples phénomènes
insolites » (p. 215). Il leur semble très difficile de concevoir un
agenda pour un groupe de visiteurs extraterrestres, qui choisiraient un lieu de
visite aussi à l’écart et éloigné. Ils se réfèrent au « modèle
standard » de l’hypothèse ET, des aliens volant sur des engins spatiaux
en « tôles et boulons », et ils considèrent que les événements
sur le ranch « ont fourni des données insuffisantes pour soutenir ou éliminer
cette hypothèse », bien que certains « collent très bien avec la
description standard des ovnis ». Colm Kelleher admet qu’il a vu lui-même,
avec un collègue, « un objet silencieux, très rapide, venant du nord et
exécutant rapidement une boucle parfaite au dessus du centre de commande et de
contrôle, avant de repartir vers le nord » (p. 216).
Ils
considèrent l’idée de « sondes intelligentes « (« smart
probes ») envoyées par hypothèse à travers des distances
interstellaires , mais ils l’écartent sur la base d’un test proposé dans
les années 90 par l’ingénieur aérospatial Roy Dutton, qui a prétendu être
capable de préciser l’endroit exact et la date d’apparition de tels phénomènes
aériens anormaux. Et devinez quoi ? Le ranch de l’Utah a échoué au
test ! Un autre argument des auteurs contre l’HET est que, à ce jour,
personne n’a trouvé d’artefacts – physiques ou biologiques –
d’origine extraterrestre prouvée. Ils écartent aussi rapidement l’hypothèse
des « anciens astronautes » qui n’est, pour eux, « soutenue
par aucune donnée physique ».
Arguments en faveur de l’HET
Eh
bien, je suis désolé d’avoir à dire que je trouve ces arguments très
faibles. A mon avis, il leur manque de considérer sérieusement la vaste
quantité d’informations accumulées depuis soixante ans sur les ovnis, sur la
bases desquelles a été construit un dossier fort et convaincant sur la présence
de, non pas une, mais probablement plusieurs civilisations extraterrestres,
certaines présentes, plausiblement, depuis longtemps sur notre planète. En
France, un groupe de scientifiques et d’experts militaires confirmés a dit
cela, très clairement, dans le « Rapport Cometa », en 1999.
Il
y a de nombreuses indications sur la réalité d’engins physiques d’origine
alien, fabriqués par des civilisation non-humaines avancées. Qu’il
proviennent d’une planète située dans ce monde ou dans un monde « parallèle »
ne change pas leur nature d’aliens réels, physiques, qui sont venus sur
terre, pour quelque raison.
Il
y a des témoignages forts, par exemple, sur l’accident d’un ovni près de
Roswell, et peut-être d’autres, tels que le cas de Ubatuba au Brésil, où
des fragments d’ovni furent recueillis et étudiés. Une première analyse révéla
du magnésium très pur, avec un poids spécifique au dessus de
la normale, mais la question devint confuse lors d’analyses ultérieures
aux Etats-Unis. L’histoire a été racontée par le physicien Paul Hill dans
son remarquable livre Unconventional Flying Objects . Je l’ai résumée dans
ce texte :
http://www.ufologie.net/htm/bourdaisebmtbf.htm

Paul
Hill
Il
y a beaucoup de témoignages sur des études secrètes d’engins et de corps récupérés,
et même sur des contacts avec des aliens vivants, etc. Il y a même des témoignages
crédibles sur des enlèvements par des êtres non humains (incluant notamment
la pose d’implants tels que ceux opérés par le Dr Roger Leir, dont certains
ont été étudiés avec l’aide de NIDS !). Il y a aussi beaucoup de cas de
mutilations de bétail liés à des observations d’ovnis. Il est ironique que
l’équipe de NIDS ait fait de telles observations sur des mutilations sur le
ranch de l’Utah et ailleurs. Une simple question est : qui aurait pu
faire cela, sinon des aliens ? Des fantômes ? Des démons ? des
êtres d’ « outre-monde » ? Des entités surnaturelles ?
Et,
si nous allons au cœur de la question, nous devons être conscients qu’il y a
beaucoup de témoignages et documents convaincants prouvant l’existence
d’une politique stricte de secret sur les ovnis, menée principalement par le
gouvernement américain depuis la première vague de 1947, et suivie, plus ou
moins, par beaucoup d’autres pays. Il est impossible, évidemment, d’entrer
ici dans plus de détails, au sujet de ces énormes dossiers.
Mais voilà que, arrivés à ce point, Kelleher et Knapp ouvrent la porte
à diverses théories, dites « paranormales », excluant les
extraterrestres.
Des théories « paranormales » mises en avant pas les auteurs
L’idée
parcourt tout le livre que les phénomènes étranges observés sur ranch de
l’Utah sont de nature « paranormale ». Les auteurs se réfèrent
à beaucoup d’aspects, à commencer par les vieilles légendes indiennes
telles que le mystérieux « skinwalker », comme nous
l’avons déjà vu. Pour les Indiens Ute, le ranch est manifestement un lieu
hanté, plein d’énergies sombres et diaboliques. Pour eux, il se trouve
« sur le chemin du skinwalker », une force malveillante, à éviter.
Ce sont là des croyances quasi-religieuses, surnaturelles, et l’on trouve des
interprétations semblables parmi certains croyants fondamentalistes, pour qui
ces manifestations doivent être l’œuvre de démons. Mais les auteurs ne
s’arrêtent pas là , et se tournent vers des théories « paranormales »,
plus sophistiquées. Dans leur chapitre 28, intitulé « Autres dimensions »,
ils discutent des idées de plusieurs auteurs, les principaux étant :
-
Jacques Vallée et son hypothèse d’un mystérieux « système de contrôle »
tirant les ficelles depuis longtemps, avec des objectifs obscurs ;
-
John Keel et sa non moins mystérieuse théorie des « ultraterrestres »,
quelle qu’en soit la signification ;
-
Patrick Harpur et son intriguant concept de « Daimonic Reality » qui
dérive lde la croyance des anciens Grecs dans les « daïmons » ;
-
et aussi Michael Grosso et son concept de « réalité imaginale ».
Toutes
ces idées présentent des variations autour du concept d’ « êtres
inter-dimensionnels », de créatures qui ne sont pas forcément physiques,
et qui ont des agendas indéchiffrables (p. 238). Remarquons ici qu’il y a une
longue histoire de réflexions sur cette voie, dans les traditions ésotériques.
Et qu’elles étaient présentes dès les débuts de l’ufologie, après la
seconde guerre mondiale, avec des auteurs comme Meade Layne, de San Francisco,
qui croyait à l’existence de « plans éthériques » (« etheric
realms ») et voyait les ovnis comme des « vaisseaux éthériques »
(« ether ships »)
En
plus de cela, dans leur chapitre 30, intitulé « Mondes intérieurs »,
les auteurs explorent des liens possibles entre ces phénomènes et la
conscience humaine, citant de nouveau Harpur, Grosso, Kenneth Ring et son étude
sur les expériences proches de la mort, et ils se tournent également vers la méditation
et le shamanisme. Ils mentionnent un avis du comité scientifique de NIDS sur la
possible existence d’une « intelligence sensitive, précognitive et
non-humaine ». Ils introduisent aussi les idées du Dr John Mack sur
« d’autres dimensions et réalités » , sur des « réalités
alternatives », sur des « portes vers une évolution spirituelle »,
et sur les expériences de « mondes internes des experiencers
» (mot sans équivalent en français englobant plus ou moins les
« contactés » et « abductés »).
Vers
la fin du livre, ils font référence de nouveau à Jacques Vallée et à son
hypothèse d’un « système de contrôle » technologiquement avancé,
qui pourrait résider sur cette planète, être responsable des apparitions
d’ovnis, et semble opérer pour des raisons qui restent opaques et mystérieuses.
Il a peut-être « un agenda qui serait d’éduquer les sociétés
humaines sur une longue période de temps » (p. 255). Les apparitions de
la Vierge Marie à Fatima et à Lourdes pourraient être des exemples de
productions de ce système de contrôle . Kelleher et Knapp posent cette
question : « Les événements au ranch de l’Utah étaient-ils
une autre de ses productions ? » Et ils admettent à la fin leur confusion : « C’était
comme si un manipulateur cosmique avait fait une liste de tous les phénomènes
obscurs (« spooky ») des temps modernes et les avait mis en scène
en un seul lieu, le résultat étant un salmigondis surnaturel que personne ne
pourrait croire, et encore moins comprendre » (p. 270).
Il
y a des pages intéressantes dans ce livre, qui nous rappellent les écrits de
Jacques Vallée, lequel les a visiblement influencés. Cependant, même si je
pourrais souscrire à certaines de ces idées, je reste perplexe devant cette démarche
générale qui semble attelée au rejet de l’HET. Ma question de base demeure :
Pourquoi pas des « aliens », des êtres extraterrestres ? Si de
tels êtres sont capables de maîtriser d’autres dimensions et de voyager à
travers elles, cela signifie-t-il qu’ils ne sont plus des êtres physiques,
d’origine extraterrestre ? Et, pourquoi ne pourrait-il pas y avoir une
coexistence entre deux sortes d’entités et de phénomènes, réels et
physiques, ou « surnaturels » ? Jerome Clark suggère cela,
plus ou moins, dans un article de l’International UFO Reporter, intitulé
« Le phénomène central et le phénomène secondaire » (IUR, Vol.
30, N° 4). Selon lui, nous devrions probablement éviter de mélanger ces deux
sortes d’ « anomalies ». D’un autre côté, j’ajouterais
pour ma part que beaucoup d’événements ufologiques comprennent des aspects
à « haute étrangeté », dont l’affaire du ranch de l’Utah nous
donne un bon exemple. Ainsi, la distinction n’est pas facile entre phénomènes
physiques/réels et phénomènes surnaturels. Mon sentiment personnel, en fait,
est qu’ils appartiennent tous à un seul et même monde.
Pour
conclure ma critique du livre, je propose un coup d’œil sur les événements
qui ont eu lieu sur un autre ranch, au Colorado en 1975. Ils furent étudiés
par l’APRO et plusieurs scientifiques, et ils peuvent nous ouvrir une autre
perspective. L’histoire est racontée en détail dans le livre de Timothy Good
Alien Contact (1993), chapitre « Percée au Colorado » (« Colorado
breakthrough »). Kelleher et Knapp raconten t aussi cette curieuse
histoire dans leur livre.

Couverture
de Alien Contact
Très
brièvement, les propriétaires de ce ranch ont subi des expérience
effrayantes, semblable à celles du ranch de l’Utah, telles que des créatures
« Bigfoot », des bruits
étranges, des objets en forme de disques volant lentement devant leur maison,
et des mutilations de bétail. La police locale ne voulait pas entendre parler
de celles-ci. Un policier leur dit qu’ils savaient ce que c’était :
l’œuvre d’extraterrestres, et qu’ils ne pouvaient rien y faire ! Un
soir, ils entendirent chez eux une voix parlant par le canal de leurs enceintes
de télévision, disant notamment : « Attention ! Nous vous
avons autorisés à rester », et leur recommandant de se taire sur ces événements. Un autre soir, ayant
remarqué des lumières dans les bois, ils allèrent voir ce qui se passait. Ils
y trouvèrent deux êtres d’apparence humaine, les attendant dans la lumière.
Ces êtres parlèrent au témoin principal en l’appelant pas son nom et lui
dirent « Comme c’est gentil d’être venu ! ». Non loin de là,
il y avait un disque posé au sol. Ils s’excusèrent pour les dérangements
qu’ils avaient causés et promirent « un arrangement plus équitable »,
qui ne vint jamais. Ils ne lui donnèrent pas vraiment d’information sur eux-mêmes
et sur leur rôle, sauf peut-être une, comme l’a dit le témoin :
« La seule chose que j’ai comprise avec certitude était que la grosse
entité floue, le ‘Bigfoot’, obéit aux ordres ». Ainsi, ce « Bigfoot »
serait juste une sorte de création des aliens !
Selon
Timothy Good , l’opinion du propriétaire du ranch du Colorado est qu’il y a
une sorte d’installation alien permanente sur le ranch. Il souligne que
celui-ci offre une vue parfaite sur une installation militaire voisine, et il a
le sentiment qu’ils surveillent notre potentiel militaire (Good, p. 70).
Je
trouve cette histoire très intéressante, quand on considère le gros dossier
ovni de surveillance des installations militaires, en particulier des bases nucléaires.
Quant au ranch de l’Utah étudié par NIDS, rappelons-nous que les Gorman ont
entendu plusieurs fois des bruits étranges de grosses machines qui semblaient
provenir du sous-sol. Etait-ce juste un autre mauvais tour du genre « skinwalker »,
où y avait-il quelque chose de plus ?
Que se passait-il vraiment, sur et sous le ranch de NIDS ? En
conclusion, je voudrais dire que Hunt for the Skinwalker est un livre très
intéressant, mais qui laisse le lecteur perplexe, avec beaucoup de questions
sans réponses.
Sources des illustrations
Photos
de George Knapp, et du ranch de NIDS,dans UFO Magazine (GB) de janvier et février
2003, et dans UFO Magazine (US) of de juin-juillet 2003
Sculptures Navajo de skinwalkers, dans le livre Navajo Folk Art. The
people Speak,de Chuck et Jan Rosenak (1994). Dessin
d’un chupa, au Brésil, dans la revue UFO
of A.-J.
Photos de mutilation sur le ranch de NIDS, et carte des cas étudiés par NIDS,
dans l’étude sur le site web : “Unexplained Cattle Deaths and the
Emergence of a Transmissible Spongiform Encephalopathy (TSE) Epidemic in North
America”.
Dessin de Linda Porter, dans le livre de Linda Howe, Glimpses of Other Realities,
vol. 1.
Dessins de “trous de ver” : dans le
livre de Michio Kaku Hyperspace (1994); Scientific
American, vol 1” N° 1 (2003), et mai 2003 ( article de Tegmark); article de
Marcus Chown avec le dessin “Time
travelling in hyperspace”, dans The New Scientist du 20 mai 2006.
Retour à l'accueil