La publication récente du rapport du COMETA sur le thème " OVNIs et défense: à quoi doit-on se préparer " continue dagiter le monde de lufologie. Ce thème a été largement débattu sur plusieurs listes de discussion et les " avis " semblent partagés.
Lopinion de lUFOCOM, que jai présentée dans un article récent, ne fait pas lunanimité. Après tout, tant mieux. Encore une fois, je - et nous - ne prétendons pas détenir la vérité. De plus, le débat des idées peut engendrer des avancées conceptuelles intéressantes. Il aurait donc été dommage de sen priver. Inutile de rappeler que lUFOCOM à ouvert et ouvrira ses colonnes virtuelles à ceux qui souhaiteront présenter des éléments dinformations.
De façon plus gênante, notre message ne semble pas avoir été clairement perçu par un petit nombre de lecteurs. Aussi me dois-je de mettre les points sur les " i ". LUFOCOM redit que le document présenté napporte pas déléments fondamentaux nouveau au dossiers OVNIs, ce qui fait que lon peut sinterroger légitimement sur sa ou ses destinations. Néanmoins, ce document a le mérite dexister et davoir été présenté par des " notables " sérieux et courageux. Ce fait, per se, constitue un élément dappréciation important.
Que les ufologistes ne soient pas les seuls à sagiter nous semble aussi intéressant. Le petit monde - plus discret - du renseignement pourrait aussi sintéresser - ou sêtre intéressé - à la question, en France et peut être également aux Etats-Unis.
Un article récent paru sur le site Internet dun ancien pilote de Concorde, Monsieur Holbecq, apporte des éléments de réflexion complémentaires. Vous pouvez le consulter à ladresse: http://www.multimania.com/sapiens/1-edit10a.htm et http://www.multimania.com/sapiens/1-edit10b.htm
La partie la plus intriguante de l'article de Monsieur Holbecq se trouve, à mon avis, dans le " courrier " quun lecteur aurait adressé à Monsieur Holbecq http://www.multimania.com/sapiens/1-edit10c.htm . Il ne sagit pas pour nous de " pomper " le site en question (dautant plus que nous le citons), mais il me semble que certains passages de ce courrier méritent dêtre présentés ici. Monsieur Holbecq écrit:
" Moins de 48 heures après la diffusion sur le site du résumé et des commentaires concernant le rapport COMETA, j'ai reçu de vive voix, d'un expert militaire, ingénieur général de l'armement (et qui préfère garder l'anonymat), les confidences suivantes:
" [...] Je ne suis pas d'accord avec l'idée que ce texte ait été conçu à l'attention du grand public, même si le canal VSD a été choisi. Le vocabulaire utilisé est beaucoup trop complexe pour le français moyen.
[...] Je pense que le texte porté à la connaissance de ces gens constitue la partie tronquée d'un rapport qui a été effectivement remis à Chirac et Jospin, et qu'il s'agit d'une décision éminemment politique. Si, comme le suggère ce rapport COMETA, les Américains ont réussi à tirer profit du dossier OVNI, au plan de la défense soit en examinant des épaves récupérées [...] ceci leur confère une avance technico-scientifique qui inquiète fort les Européens, qui réalisent par ailleurs qu'ils n'auraient aucune chance de pouvoir combler ce retard sans regrouper leurs moyens, humains, techniques et financiers. Sur le plan de la défense cette avance pourrait assurer à terme aux Américains une hégémonie planétaire complète.
[...] Je ne sais pas de quand date la prise de conscience des Français. Mais ce rapport ne s'adresse pas seulement aux responsables politiques de notre pays, il vise aussi à mon avis les homologues étrangers en matière de recherche militaire et de défense. Malheureusement, ce réveil et cette prise de conscience me semblent un peu tardifs. "
Avouez que ce point de vue nest vraiment pas éloigné de celui que nous présentions plus tôt.
Mais peut-être pensez vous quil sagit dune source peu crédible. A vrai dire, nous navons pas encore tenté de contacter Monsieur Holbecq. Et si nous le faisions, il me semble de toues facons délicat de lui demander de nous révéler sa ou ses " sources ".
LUFOCOM aurait probablement renoncé a présenter le document ci-dessus si nous navions pas, de notre coté, reçu des informations qui corroborent les affirmations de lIngénieur Général à lArmement cité plus haut, et renforcent notre point de vue. Elles suggèrent que le rapport du COMETA serait bien une pièce dun puzzle dont nous napercevons peut-être que le contour. Voici donc, ci-dessous, ce que nous avons reçu dun de nos lecteurs, bien " renseigné " semble-t-il. Vu son importance et son intérêt, le document est reproduit in extenso.
Yves, Conseiller Général
UFOCOM
"Lintérêt des militaires Français pour la question UFOlogique demeure semble-t-il assez marginal car les implications en terme de défense, si elles ne sont pas négligeables, sont passablement difficiles à circonscrire et à appréhender, la fugacité du phénomène ne saccompagnant qua de très rares exceptions de formes de menaces directes ou dintimidations. Lattention des milieux de défense a pu être naturellement suscitée par des intrusions répétées dans des espace aériens dont ils sont charges de la surveillance et de la protection, le survol dinstallations sensibles, par de curieux ballets aériens impliquant des avions militaires et des objets aux performances non conventionnelles, par la crainte que ces OVNI soient le fruit de technologies indigènes ou plus prosaïquement dune guerre psychologique menée par une nation ennemie, par le risque dune confusion des moyens de surveillance de lespace aérien ou dalerte avancée, par lhystérie populaire et les troubles à lordre public que purent occasionnellement déclencher des vagues dimportance. Mentionnons également qu'en France la DGA (en l'occurrence l'ex DRET) a pu dépasser la veille technologique pour se lancer des étude amont plus ou moins liées au phénomène OVNI: JP Petit affirme avoir été contacté pour des travaux tournant autour du modèle MHD qu'il avance pour expliquer certaines caractéristiques d'OVNI. Le rapport COMETA fait mention des travaux de la DGA dans ce domaine ainsi que des études sur les armes à faisceaux de particules.
Depuis dix ans, deux rapports furent rédigés par la Défense Française, lun officiel en 1995 par la DRM, lautre prétendant lêtre sans en présenter toutes les caractéristiques : parce quil émane dune association type loi de 1901 - le COMETA même si le label de l'IHEDN et la caution de nombreux généraux des armées ou de l'armement y figurent et parce que le contenu accusateur du rapport le rend inacceptable officiellement. Il semble que les gens à lorigine de ces deux rapports soient assez familiers et fassent partie dun réseau UFOlogique qui a en partie émergé à l'occasion du rapport COMETA. Ce réseau auquel F. Couten, un documentaliste proche des milieux de la Défense, faisait parfois référence est composé de profils et de compétences assez riches et diversifiés selon le rapport COMETA qui présente ceux qui ont bien voulu voir leur nom figurer, les autres préférant continuer à travailler discrètement ou ne souhaitant pas charger inutilement leur dossier DPSD. On trouve ainsi: journalistes aéronautique, avocat, ingénieurs (civils ou de larmement), collaborateurs ou proches du SEPRA, universitaires ou chercheurs, personnels de laviation civile, appartenant à diverses administrations centrales, a lindustrie et, aspect intéressant, a divers corps darmée (gendarmerie, armée de lair, marine, communauté du renseignement) ou de l'armement. Ces deux rapports relèvent de façon très similaire lattitude ambiguë des agences gouvernementales ou de la Défense U.S. vis à vis du phénomène OVNI, en particulier de la C.I.A. et de lUSAF. Le premier est à usage interne, l'autre a de toute évidence des visées plus larges que le "simple" briefing d'officiels. "
[NDR : Notre correspondant a bien voulu nous fournir un résumé du rapport de la DRM. Ce rapport est apparemment non classifié (nous ne laurions pas publié sil avait été protégé). Il sintitule: " Implications du Phénomène OVNI en matière de Défense ". Voici ce résumé :]
" En 1995 la Direction du Renseignement Militaire (DRM Creil) recevait deux personnes issues de la recherche privée dans le domaine des OVNIs (messieurs Boudier et Greslé). Un rapport examinant les implications du phénomène OVNI en matière de Défense fut ainsi rédigé par la DRM suite à ces auditions.
Après un historique succinct de la phénoménologie OVNI depuis la fin de la seconde guerre mondiale, ces deux spécialistes abordaient leffort de recherche UFOlogique aux E.U., en particulier : le rôle, lorigine, lintérêt et les conclusions des différentes agences gouvernementales Américaines (CIA, NSA, DIA, USAF, Navy, AMC premiers à sintéresser officiellement au sujet) et des différentes commissions denquête constituées (SIGN, GRUDGE, Twinkle, Robertson, Blue Book, Condon). Mues initialement par la crainte que les étranges phénomènes observés durant la guerre (" foo fighters ", fusées " fantômes " des pays nordiques, etc ) soient le fruit de percées technologiques Russes dans le domaine aéronautique, ces agences sont rapidement arrivées à la conclusion quil nen était rien et nont cessé de minimiser par la suite leur implication dans le domaine UFOlogique ainsi que tout élément étayant lhypothèse E.T des OVNI.
M Boudier rappelait ensuite le cas Français du GEPAN puis le SEPRA. Après un point sur les moyens dont bénéficiait le GEPAN et sur léchec des démarches prospectives auprès de diverses ambassades pour le déploiement du projet SPOC (de MATRA, stations de détection automatisées dans le domaine optique pour létude de phénomènes à faible probabilité doccurrence comme les OVNI par exemple), il relevait que lavis du conseil scientifique du GEPAN en 1978: " certains des témoignages étudiés se rapportent à des objets apparentant à des machines volantes dont la provenance, le mode de sustentation et de propulsion sont étrangers " fut relativisé par des études de psychologie de la perception et des processus dinfluence. Il sinterrogeait sur la " régression paradoxale " GEPAN=>SEPRA de 1988 puisque le travail de ce dernier se limite à la rédaction de notes de synthèse à partir des données glanées par le GEPAN.
Un point était proposé sur la recherche privée dans le domaine et la soixantaine dassociations UFOlogiques en France. Quelques éléments furent apportés concernant les opportunités offertes par lintérêt populaire pour ces phénomènes : manipulation de masse, guerre psychologique dans un contexte de guerre froide, recueil du renseignement sur des programmes classifiés (approche dun prestataire de DGA/ETCA, la société Fleximage, pour le programme secret-défense Helios), rideau de fumée pour des expérimentations secrètes (rôle de la CIA dans le cadre des programmes U2 et OXCART ou Blackbird. Il mentionne lexistence présumée dune version opérationnelle du B2 radicalement différente de la version présentée au public : the " real B2 "). Il remarquait, suivant ainsi la suggestion de la F.A.S. (la toute puissante Fédération des Scientifiques Américains créée à linitiative dA. Einstein après les premières expérimentation du projet Manhattan), que le suivi rigoureux des témoignages dOVNI pouvait savérer très instructif sur le déroulement de certains programmes classifiés. Il détaillait à ce sujet lobservation, en 1992, de léquipage dun PUMA 330 de lALAT au dessus de la commune de Brignoles dun objet en forme de losange dont il précise quil sagit de la forme présupposée de lAURORA. Les intervenants concluaient en relevant le double langage et lattitude ambiguë de certaines agences gouvernementales Américaines comme la CIA qui, tout en affirmant le peu dintérêt quelle porte au phénomène OVNI, infiltrait le NICAP pour se livrer à des opérations opportunistes de désinformation et de protection de certains programmes sensibles, se lançait dans une collecte tout azimut de témoignages et nouait des accords de coopération avec le Canada pour laccès aux bases de données de témoignages. "
[NDR : Enfin, last but not least, notre correspondant nous livre ses " impressions " sur le rapport du COMETA (voir à ce sujet, si vous ne lavez pas encore fait : Rapport COMETA : Une courte présentation)]
" Là encore " nous dit notre lecteur, " est pointée du doigt l'attitude passablement équivoque de l'USAF et des diverses agences de renseignement d'outre-Atlantique dans la gestion du phénomène OVNI. Les auteurs mentionnent que les explications avancées pour rendre compte d'un certain nombre de cas examinés par les diverses commissions crées à cet effet l'ont été dans le cadre d'une désinformation réductrice planifiée dès le lendemain de la seconde guerre mondiale. Hynek, en autre, y participa. Ils mentionnent également l'infiltration de quelques groupes UFOlogiques d'importance par la CIA pour mettre en uvre une désinformation amplificatrice et décrédibiliser toute recherche sérieuse. Les résultats de l'enquête du G.A.O. auraient ainsi été complètement occultés aux yeux du grand-public par la diffusion opportune de la vidéo de l'autopsie de Roswell. Ils évoquent le rôle trouble de la CIA louvoyant entre protection de certains développements classifiés (avion espion U2) et études biaisées de manifestations d'OVNI. Tout tend, selon les auteurs, à amoindrir l'hypothèse d'une origine extraterrestre ou d'une menace claire pour la sécurité nationale des E.U. et donc l'intérêt présenté par le phénomène OVNI contrairement à ce qu'on pu affirmer dès les premières études certains généraux Américains comme Bolender (USAF), Goldwater ou Twining (AMC).
Outre la mise en exergue des signe d'une protection du secret et d'une désinformation continue conjointement à l'uvre aux E.U., l'objet des auteurs est semble-t-il d'élargir le mandat et les moyens du SEPRA, de mettre en place une structure de coopération Européenne sur le sujet et d'exercer "les pressions utiles" sur le gouvernement Américain afin de "l'inciter à collaborer". Ils concluent d'ailleurs l'annexe 7: "seule une pression croissante de l'opinion publique, éventuellement soutenue par les résultats de chercheurs indépendants, des divulgation plus ou moins calculées ou encore un accroissement brutal des manifestations d'OVNI, pourraient, peut-être, amener les dirigeants et les responsables Américains à modifier leur attitude". Le rapport prévoit en outre la création d'une cellule "au plus haut niveau de l'état" plus proche de la Défense, de prospective et de stratégie. Sa vocation pourrait fort bien d'ailleurs recouvrir certaines préoccupations exprimée par le rapport de la DRM ou dont le Général Norlain avait la charge à l'IHEDN (*). A signaler qu'aucun des rapports ne mentionnent la vague Belge ou les événements Mexicains. L'étude statistique de Poher qui s'appuyait sur une typologie physique/naturelle des observations et qui a été reprise et confirmée par la suite est à peine évoquée malgré sa portée. Mais le but de ce rapport n'était pas une présentation exhaustive du dossier OVNI depuis ses origines.
Mon opinion? Je me demandais comment les auteurs du COMETA, à qui de toutes évidences la donne politico-stratégique n'échappe pas, pouvaient croire un seul instant qu'une initiative diplomatique isolée ou même Européenne (ce qui n'est vraisemblablement pas gagné) auprès des E.U. et visant à clarifier la situation UFOlogique avait des chances de porter ses fruits. Je pense aujourd'hui que ce dernier s'inscrit dans le cadre d'une vaste initiative dont une étape aux E.U. a été soulignée et saluée par ce rapport COMETA: il s'agit du colloque scientifique soutenu par L. Rockefeller, à Pocantico, sous la direction de l'astrophysicien P. Sturrock, qui établissait les bases d'une étude sérieuse du phénomène OVNI et sur les moyens dont devraient se doter les Etats prenant exemple sur le GEPAN. Une délégation Française proche du SEPRA y participait et a été fort remarquée: "le panel a été grandement impressionné par les travaux du GEPAN/SEPRA, le projet Français initialement GEPAN et maintenant SEPRA et il ne fait aucun doute que les perspectives les plus prometteuses dans la compréhension du phénomène OVNI résident dans la création de projets similaires dans d'autres pays" Les conclusions de ce colloque sont peu ou prou les mêmes que celles de COMETA si ce n'est que les agences gouvernementales Américaines ne sont tout de même pas directement mises en cause. Mais il est aujourd'hui de notoriété publique que Rockefeller est décidé avant sa mort (et c'est un monsieur très âgé) à briser le sceau du secret qui, pense-t-il, entoure le phénomène OVNI aux E.U. comme ailleurs. Son porte-parole déclarait d'ailleurs ouvertement à l" Observer " de New-York en 1995 " Il est très intéressé de connaître ce dont le Gouvernement dispose dans ses tiroirs ", le " Daily News " relevant lui que " Rockefeller a fait pression sur l'administration Clinton pour qu'elle ouvre les dossiers gouvernementaux sur les OVNI ". C'est un homme à la tête d'une dynastie prééminente sur le plan financier et politique, qui ne ménage ni son argent ni son influence pour organiser sa contre-offensive. Il sait qu'il pourra compter, outre une recherche privée UFOlogique coalisée, sur l'opinion publique et certaines hautes amitiés politiques le cas échéant. Peut être que le rapport COMETA s'inscrit également dans cette perspective à plusieurs phases:
Pressurer le gouvernement Américain de l'intérieur:
Faire porter la pression également de l'extérieur:
Ou dans des domaines connexes à l'UFOlogie:
Et initier une véritable implication transnationale de la communauté scientifique dans ce domaine pour ainsi contrer une éventuelle désinformation réductrice/amplificatrice à l'uvre depuis des années.
Le rapport COMETA appuie parfaitement les visées de Rockefeller: pressions tout azimut sur le gouvernement Américain, COMETA appelant, lui, à des pressions par le biais de l'opinion publique ou par voie diplomatique au niveau national/Européen. Les auteurs du COMETA entendent également informer, entre autres, certaines personnalités de premier plan, suivant l'exemple de Galbraight appuyée pour cela par l'incontournable Rockefeller. Le COMETA rejoint également les recommandations de la dernière initiative publique de ce bouillonnant octogénaire, dans l'arène scientifique, le rapport Sturrock (fin 1997): recrédibiliser et étudier sérieusement la problématique OVNI via des organismes comme le GEPAN et lui associer des gens de renom.
( * ) protection du secret industriel/militaire. Renseignement et Intelligence Economique/militaire.
(**) durant la dernière campagne présidentielle aux E.U., deux personnalités politiques d'envergure ont fait allusion aux OVNI en des termes sans équivoque en particulier Bob Dole à propos d'un argument d'ordre économique de Clinton: " affirmer que 2 % de croissance est impossible sans une reprise de l'inflation ? C'est un peu comme l'armée de l'air affirmant que les OVNI sont impossibles ! ".
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